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Quelle est la place des femmes dans le cinéma ?

À l’occasion de la Journée internationale de la femme ce mois-ci, également appelée journée internationale des droits des femmes dans certains pays comme la France, célébrée le 8 mars, profitons-en pour aborder la question de la place de la femme dans le cinéma.

Si vous pensez que je vais encore parler du physique des femmes ou de sa représentation, détrompez-vous même si il y a tant à dire. Cette fois-ci, parlons des femmes plus généralement. Parlons de celles qui sont mises en lumière, comme celles qui travaillent dans l’ombre. Car oui, le cinéma comprend une multitude de métiers dont on ne parle pas toujours assez et qui sont indispensables. Tout aussi magique et difficile, cette industrie ne facilite pas toujours la tâche aux femmes. L’an dernier, 82 femmes avaient appelé à la parité et à l’égalité salariale sur les marches du Festival de Cannes.

Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a publié le 7 mars une étude sur la place des femmes dans ce secteur. La publication fait plus d’une centaine de pages et le sommaire promet d’aborder des sujets très intéressants comme « La place des femmes au sein du CNC », « La place des femmes dans la réalisation des films », « Salaire horaire dans la production audiovisuelle en fonction du sexe »… et j’en passe. Cette étude met en lumière l’évolution de la place des femmes dans les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel, entre 2008 et 2017. Elle analyse les effectifs féminins présents au sein du CNC, dans la réalisation de films et dans les différents métiers de la production cinématographique et audiovisuelle. Mais si vous n’avez pas le temps de la lire, pas de panique, on synthétise tout ici.

Les chiffres

D’après les recherches du CNC, entre 2008 et 2017, on évalue une forte hausse de longs-métrages mis en scène par des réalisatrices, soit une augmentation de 62,8%. Un chiffre plutôt encourageant.

Quant aux films à gros succès qui ont dépassé le million d’entrées on retrouve dans le TOP 3 : LOL de Liza Azuelos avec 3,7 millions, La Rafle de Roselyne Bosch avec près de 3 millions d’entrées et Polisse de Maïwenn avec 2,4 millions, une nouvelle génération de réalisatrices s’empare doucement du cinéma français. Parmi elles : Claire Burger (C’est ça l’amour), Hélène Cattet (Laissez bronzer les cadavres), Katell Quillévéré (Réparer les vivants), Céline Sciamma (Tomboy), Amanda Sthers (Holy Lands), Alice Winocour (Mustang), ou encore Rebecca Zlotowski (Le Prix du succès)…

Cependant voici des chiffres qui font un peu moins sourire, quand on sait qu’un peu plus de 2 films sur 10 sont réalisés par des femmes dans les salles de cinéma, on se dit qu’il y a encore de la place à leur faire. Mais la bonne nouvelle (ou pas, car ça reste encore bien trop insuffisant) c’est que la France n’est pas le pire élève. En Italie on compte seulement 1 film pour 10 réalisé par une femme. Quant à la Suède, elle est presque à 4 sur 10. Mais malheureusement, on reste encore loin de la parité en Europe.

De plus, le salaire moyen d’une réalisatrice de long métrage est inférieur de 42,3 % par rapport à celui d’un réalisateur.  Dans l’étude du CNC il est expliqué que « cette différence salariale est aussi particulièrement marquée pour les métiers relatifs à l’administration de production, le salaire horaire moyen des femmes y étant de 38,9 % inférieur à celui des hommes. Pour quelques métiers, cet écart est cependant en faveur des femmes. C’est le cas du métier de scripte, où les femmes sont largement majoritaires : le salaire horaire moyen des femmes scriptes est de 18,0 % supérieur à celui de leurs collègues hommes. Le métier de cascadeur·se dans la production cinématographique (au sein duquel les femmes sont très peu représentées) affiche également un salaire horaire moyen légèrement supérieur pour les femmes (+5,7 %). »

Parmi les métiers les plus féminins dans l’industrie du cinéma, on retrouve en première place le métier de scripte / assistante scripte et en enfin, des métiers liés à l’esthétisme comme les costumières, les habilleuses, les coiffeuses, les maquilleuses… Ces métiers sont pratiqués à plus de 80% par des femmes. En revanche, elles sont peu nombreuses parmi les machinistes (4,3 %) et les mixeuses (4,8 %) ou encore seulement  5,3 % de femmes électriciennes / éclairagistes.

Si les femmes se battent donc depuis des années pour faire leurs preuves derrière la caméra, les inégalités salariales, elles, n’en démordent pas. Cela impacte tous les métiers du cinéma, touchant ainsi les réalisatrices, les actrices en passant par les productrices. En 2017, par exemple, le salaire moyen d’une réalisatrice était inférieur de 2 millions d’euros comparé à celui des hommes.

Malgré tout, certaines mesures tendent vers davantage d’égalité. Depuis le 15 janvier 2019, le CNC a mis en place un « bonus parité » de 15% dans les subventions, pour les films dont les équipes ont des femmes à des postes à responsabilités. Cela dans le but de ne pas faire faiblir la dynamique lancée dans l’industrie de cinéma, et d’accélérer la marche vers l’égalité des sexes.

Cependant, il y a encore du chemin à faire avant d’obtenir la parité au cinéma et dans une multitude de secteur d’activité. Alors les femmes se mobiliseront-elles à nouveau au Festival de Cannes cette année ?

Sources : Les illustrations et les chiffres proviennent du site du CNC

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