Mikolaï : “Je suis un fervent partisan de cet accord entre l’image et la musique”

Afin de s’intéresser à tous les métiers de l’audiovisuel, nous voulons partager les témoignages des personnes qui travaillent dans la musique. Les réalisateurs racontent leurs histoires en images ? Eh bien les musiciens racontent les leurs en son. L’un des postes clés d’un projet, le mariage du son et de l’image procure à chaque fois des moments plus riches en émotion.

Cette semaine, nous sommes parties à la rencontre d’un adepte de la musique électronique, l’artiste français Mikolaï. DJ et producteur de 35 ans, il a grandi à Montpellier; et pendant plus d’une dizaine d’années il a vécu entre Berlin, Londres et Ibiza.

Aujourd’hui, il s’est installé à Paris. Lorsqu’il ne compose pas, Mikolaï alterne entre son métier de directeur de restaurant et de manager accueil artistes dans un club parisien.

Quand et comment as-tu commencé à faire de la musique ?

Je me suis intéressé à la musique dès mon plus jeune âge. J’avais à disposition dans le salon familial, une platine vinyle (Thorens TD 165), où je passais mon temps à écouter les différentes pépites que j’avais à disposition.

À l’âge de 5 ans, je commençais déjà à affûter mes oreilles.

Pour les instruments de musique, je suis un autodidacte, et j’ai débuté très jeune. J’avais en ma possession une caisse claire, une guitare et un petit piano. Mais c’est à 8 ans, où je ne me suis jamais autant éclaté que lorsque l’on m’a offert mon premier synthé, un Casio. J’étais fasciné par les sons de cette machine, par sa technologie et la multitude de possibilités offertes par cet engin.

Vers la fin des années 90 à l’âge de 11 ans, je squattais pas mal dans un skate shop qui, à l’époque, était associé avec un magasin de culture Hip Hop à Montpellier (Five.O/Coma sound cartel). On pouvait y trouver une excellente sélection de vinyles : Rap Français, Rap Américain ainsi que des vinyles DJ Tools pour le scratch. Le shop recevait souvent la visite de DJ locaux dont un en particulier : DJ Slam. À chaque fois, lorsqu’il passait derrière les platines, il m’en mettait plein la vue ! Ses sélections étaient vraiment épatantes. Cet artiste a été l’élément déclencheur de ma passion pour le deejaying, et a enclenché l’achat de mon équipement de DJ. C’était le début de mon apprentissage.

Ce n’est que quelques années plus tard, à l’âge de 15 ans que j’ai découvert la musique électronique et la culture club.

J’ai appris les techniques de mix appropriées en m’acharnant 7h par jour, dans ma chambre, pendant un an et demi.

Grâce à mon travail, je me suis rapidement fait repérer par un manager ; celui-ci m’a trouvé mes premières dates, des résidences en club et des festivals dans le sud de la France.

À 18 ans, j’ai tout naturellement basculé dans la production pour pouvoir m’exprimer différemment et jouer mes propres morceaux, dans le but de proposer mes propres prestations en live. C’était une approche totalement différente de ce que je connaissais dans le domaine de la musique.Pour moi, c’était un cap à passer.

J’ai commencé à créer mes propres morceaux avec des éléments basiques car je ne roulais pas sur l’or à cette période, et ne pouvais donc acquérir un studio tout équipé.

 Je faisais avec les moyens du bord, c’est-à-dire un ordi, un clavier midi, une platine pour sampler et une bonne carte son avec speakers bien sûr !

Comment définirais-tu ton style de musique ?

En tant que DJ, je peux définir mon style d’éclectique.

Concernant mes productions, elles varient selon mes projets. Je produis une musique hybride minimaliste avec des influences Ambient, House et Techno.

Je ne suis pas focalisé sur un style en particulier, mais je préfère parler d’une certaine alchimie entre les styles qui me font le plus vibrer.

Qui sont les artistes et les styles musicaux qui t’inspirent ?

Les artistes qui m’ont énormément influencés et inspirés depuis mes débuts sont : Akufen, Moodyman, Ricardo Villalobos, Gemini, The Wighnomy Brothers, Krause Duo, Craig Richards, Mark Farina et Monika Ross.

En ce qui concerne les styles qui m’influencent au quotidien : la old school house, la techno de Detroit, la microhouse et la minimalhouse.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres dans tes métiers de producteur et DJ ?

J’essaye de vivre avec l’idée que la difficulté n’existe pas car cela m’angoisse. De mon point de vue, la scène électronique est déjà saturée, autant pour les dates en clubs qu’au niveau des maisons de disques. J’ai discuté avec pas mal d’amis artistes, ainsi que de nouveaux talents, c’est une réalité qui ressort très fréquemment.

De mon côté, j’essaye de ne pas trop me mettre la pression à ce sujet car je fonctionne en toute détente.

Peux-tu nous parler de ton collectif Picture Perfect Recordings ?

Picture Perfect Recordings est un collectif européen d’artistes que j’ai fondé en 2015 dans le but de partager et échanger nos idées communes en musique.

Nos inspirations proviennent d’une longue expérience éclectique et de notre vision futuriste de la musique électronique.

Le style de Picture Perfect combine des éléments d’électro-acoustique, d’ambient, de techno et de house. On y retrouve aussi des influences filtrées allant du jazz au dub, et de la musique concrète au Minimalisme.

Picture Perfect Recordings regroupe à présent un label principal et 4 subdivisions :

  • Picture Perfect (Vinyle Only)
  • Picture Perfect Shade Edition (vinyle only)
  • Picture Perfect Digital Division
  • Picture Perfect Free download

Nos labels sont distribués sur toutes les plateformes de ventes spécialisées en musique électronique et en auto-distribution sur Bandcamp (lien ici).

Quel est ton lien avec Sankeys Ibiza ?

Après plusieurs années passées à Ibiza à jouer dans de nombreuses soirées, le Sankeys Club Ibiza m’a tout d’abord contacté pour une première date au printemps 2018. L’événement s’étant bien déroulé, ils m’ont donné le privilège de jouer sur plusieurs dates cet été-là, ainsi que d’y organiser ma soirée label Night.

J’ai aussi travaillé dans l’équipe en tant que manager ; je devais faire la promotion des soirées Sankeys Sabados et je me suis occupé également de leurs réseaux sociaux.

Set enregistré live au Sankeys Ibiza pour la soirée Bright

Que penses-tu du lien entre la musique et l’image/visuel ?

Je pense que le lien entre la musique et le visuel est très important en soirées. Les Vjs qui accompagnent les DJs avec des projections créatives sont indispensables pour la présentation des morceaux proposés par les labels.

Pour ma part, je suis un fervent partisan de cet accord entre l’image et la musique, et je l’ai toujours associé avec ce que je faisais, que ce soit avec mon label ou en prestation solo.

Quelle importance accordes-tu à ton identité visuelle ? Quels sont les moyens que tu utilises pour l’a créer ?

Une identité visuelle est essentielle pour la présentation d’un artiste ainsi que d’un label.

Concernant Picture Perfect Recordings, nous avons brainstormé puis opté pour une charte graphique que je pourrais définir de “Minimal Abstract“. Nous avons d’abord élaboré un logo simple mais efficace, que nous avons associé au développement de nos éléments graphiques. Ensuite, nous avons réfléchi à la cohérence entre les différents supports que nous allions utiliser, tels que les photos pour la présentation de nos artistes ou les artworks de nos sorties.

Enfin, nous avons tout intégré sur notre outil de communication principal, notre site internet : www.pictureperfect-recordings.com

Le site est actuellement en maintenance et sera mis en route début Juin.

Que penses-tu des lives diffusés sur les réseaux sociaux ?

Concernant les lives diffusés sur les réseaux sociaux, je trouve que cela est une bonne alternative à l’ennui dû au confinement. C’est une bonne manière de répondre à cette frustration de ne plus pouvoir sortir écouter de la zik en club. C’est aussi une opportunité pour les DJs de pouvoir continuer à s’exprimer et partager leur musique avec le monde entier.

Je suis tombé sur de bonnes prestations de DJs affirmés mais j’ai aussi découvert de nouveaux talents. Je ne vous cacherais pas que je suis aussi tombé sur des prestations farfelues même hilarantes ; mais il faut bien de tout pour faire un monde !

Penses-tu qu’un clip sur de la minimal/microhouse d’une durée de plus de 10 minutes pourrait intéresser les adeptes de ce style de musique ?

Oui je pense qu’un clip est tout à fait compatible avec ce style et pourrait en effet, intéresser les adeptes.

Chez Picture Perfect, notre vision est d’associer le son et l’image. Tous nos morceaux sont donc accompagnés de montages vidéos, réalisés sur une base d’échantillonnage influencés de films expérimentaux des années 60.

Quels sont tes projets pour 2020 ?

J’ai pas mal de projets captivants qui se profilent depuis mon retour à Paris. Je suis sur la finalisation de deux albums expérimentaux, qui sortiront sur une nouvelle sub-division de Picture Perfect Recordings, courant 2020.

Je me suis depuis peu, associé avec Simon et Mimush, du label H24 Records, avec lesquels nous avons formé notre trio, depuis quelques mois : 2MS. Hélas avec le confinement cela a un peu freiné nos intentions. Nous avons hâte de nous reconfiner tous ensemble, en studio dès que le climat social nous le permettra.

Par la suite nous préparerons aussi, une belle surprise que nous dévoilerons d’ici peu à nos followers.

MIKOLAÏ
Picture Perfect Recordings

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