{"id":4600,"date":"2020-12-23T14:53:00","date_gmt":"2020-12-23T13:53:00","guid":{"rendered":"https:\/\/roadtocinema.paris\/?p=4600"},"modified":"2026-01-18T21:49:36","modified_gmt":"2026-01-18T20:49:36","slug":"se-faire-confiance-et-vivre-son-reve-a-fond-le-recit-passionnant-de-la-realisatrice-anissa-bonnefont","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/roadtocinema.paris\/index.php\/2020\/12\/23\/se-faire-confiance-et-vivre-son-reve-a-fond-le-recit-passionnant-de-la-realisatrice-anissa-bonnefont\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Se faire confiance et vivre son r\u00eave \u00e0 fond\u00a0\u00bb: le r\u00e9cit passionnant de la r\u00e9alisatrice Anissa Bonnefont"},"content":{"rendered":"\n<p>INTERVIEW. <em>La 3\u00e8me partie de l\u2019entretien avec <strong>Anissa Bonnefont<\/strong> est sortie dimanche dernier sur nos r\u00e9seaux sociaux, l\u2019occasion de revenir sur ses espoirs pour l\u2019avenir du cin\u00e9ma, ses inspirations de cin\u00e9philes et ses conseils aux jeunes cin\u00e9astes que vous \u00eates et que nous sommes.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>De l\u2019espoir pour l\u2019industrie du cin\u00e9ma<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma est tr\u00e8s important dans nos vies, c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 que nous partageons tout \u00e0 fait avec Anissa. Le cin\u00e9ma permet de s\u2019\u00e9chapper et de s\u2019\u00e9vader, d\u2019aller vers un ailleurs. Le cin\u00e9ma permet de toucher tout le monde car l\u2019image contrairement au langage mais comme la musique est universelle. L\u2019image atteint tout \u00e0 chacun au c\u0153ur, les images n\u2019ont pas besoin de mots pour exister, elles n\u2019ont pas ni langue ni fronti\u00e8re, l\u00e0 est leur force.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma est accessible \u00e0 tous et il fait du bien \u00e0 la fois parce qu\u2019il nous \u00e9l\u00e8ve mais aussi parce qu\u2019il apaise &#8211; cela \u00e9tant, m\u00eame lorsque l\u2019on souhaite regarder un film pour d\u00e9compresser, est-ce qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 tout film ne plante-t-il pas une petite graine dans notre t\u00eate, une graine d\u2019imagination, de magie, de r\u00e9flexion et de po\u00e9sie ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma permet de voyager sans bouger de son si\u00e8ge. En France avec <strong>Godard <\/strong>et<strong> Demy<\/strong>, en Italie au bras de <strong>Visconti<\/strong> et <strong>Scola<\/strong>, en Espagne avec <strong>Almod\u00f3var<\/strong>, aux \u00c9tats-Unis au travers du regard de <strong>Scorsese<\/strong> et <strong>Lynch<\/strong> ou encore au Japon gr\u00e2ce \u00e0 Kore-eda. Un cin\u00e9aste au travers de ses films et de ses univers t\u00e9moigne d\u2019une \u00e8re, d\u2019une ville, d\u2019une ambiance, de sa chaleur ou froideur, de sa rapidit\u00e9 ou lenteur, et de son \u00e9nergie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma d\u00e9peint nos \u00e9poques, il marque nos \u00e9poques. Il permet aussi de poser sur la pellicule une ann\u00e9e, un style, une fa\u00e7on de parler et de se mouvoir. La bobine est le t\u00e9moin d\u2019un moment de nos vies, elle permet des ann\u00e9es plus tard de (re)d\u00e9couvrir une \u00e9poque pass\u00e9e. Le souvenir et la nostalgie cohabitent, le cin\u00e9ma permet alors de faire rena\u00eetre une p\u00e9riode qui nous a marqu\u00e9e ou qui a marqu\u00e9e nos parents et qui, gr\u00e2ce \u00e0 une pellicule, s\u2019offre \u00e0 nous de nouveau sur grand \u00e9cran. Cela n\u2019a pas de prix.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, les salles de cin\u00e9mas d\u2019arts et d\u2019essais sont primordiales, il va falloir se battre pour elles, car chaque ann\u00e9e plusieurs salles ferment faute de fr\u00e9quentation, c\u2019est tr\u00e8s malheureux car elles sont le garant d\u2019un <strong>cin\u00e9ma libre et ind\u00e9pendant<\/strong>. D\u00e8s qu\u2019elles rouvriront nous pourrons essayer d\u2019aller dans ces salles ind\u00e9pendantes, si jolies et si typiques qui ont vu passer les plus grandes stars du cin\u00e9ma fran\u00e7ais et international. N\u2019est-il pas tentant de s\u2019asseoir sur le m\u00eame si\u00e8ge qu\u2019<strong>Isabelle Adjani<\/strong> ou que <strong>Jean-Paul Belmondo<\/strong>, d\u2019imaginer leur rire, leur sourire ou leur larme devant des films forts et \u00e9mouvants comme ceux qu\u2019ils auraient pu ou peuvent choisir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>[Un soir, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 voir Le Fanfaron de Dino Risi au Champo \u00e0 Paris derri\u00e8re moi Louis Garrel, un autre jour \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que Fran\u00e7aise devant un documentaire d\u2019Annett Wolf sur Jacques Brel et Serge Reggiani \u00e9tait install\u00e9 non loin de moi Mathieu Amalric, petits bonheurs que de partager des moments comme ceux-l\u00e0, que de se dire que je vis ce que cet artiste que j\u2019adore vit lui aussi.]<\/p>\n\n\n\n<p>Anissa s\u2019est battue pour que Wonder boy aille en salle de cin\u00e9ma parce que c\u2019\u00e9tait important qu\u2019il soit vu par le plus grand nombre, m\u00eame si cela \u00e9tait tr\u00e8s compliqu\u00e9 \u00e0 assurer avec l&rsquo;av\u00e8nement des plateformes de streaming dans le paysage cin\u00e9matographique actuel. Cela avait du sens &#8211; explique Anissa, lorsqu\u2019on travaille pendant 2 \u00e0 3 ans sur un film, l\u2019investissement de temps et d\u2019argent que cela requiert justifie une attente r\u00e9elle de reconnaissance du public et du m\u00e9tier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quelles sont ses inspirations ?&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Anissa nous parle instinctivement du cin\u00e9ma italien d\u2019apr\u00e8s-guerre car il raconte les traumatismes de l\u2019\u00e9poque et la violence de la guerre toujours habit\u00e9s par beaucoup de vie et de po\u00e9sie au travers de ses personnages et de sa musique. La vie ressentie dans chaque personnage est intense, ils sont toujours tr\u00e8s dr\u00f4les m\u00eame lorsque tr\u00e8s mis\u00e9rables et pleins de tendresse aussi dramatique leur situation soit-elle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Anissa travaille et est en contact perp\u00e9tuel avec son chef op\u00e9rateur <strong>Thomas Br\u00e9mond<\/strong>, grandir ensemble est quelque chose de fabuleux &#8211; explique-t-elle, ils sont tous deux passionn\u00e9s de cin\u00e9ma et d\u2019images. S\u2019entourer c\u2019est aussi \u00e9voluer et m\u00fbrir sur sa vision du cin\u00e9ma, c\u2019est y trouver des plans, des axes, des jeux de couleurs et de cadrages. regarder des films permet de se nourrir et c\u2019est une chose bien indispensable lorsque l\u2019on fait le m\u00e9tier de r\u00e9alisateur.rice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Anissa pense ensuite aux cin\u00e9astes am\u00e9ricains comme <strong>Stanley Kubrick<\/strong> et <strong>David Lynch<\/strong> qui l\u2019inspirent beaucoup. Mais aussi, aux cor\u00e9ens d\u2019aujourd\u2019hui et aux japonais d\u2019hier, et puis bien s\u00fbr <strong>Fellini<\/strong>, Fellini et encore Fellini. Son film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 du cin\u00e9aste italien est <em><strong>Les nuits de Cabiria<\/strong><\/em>. Le film sorti \u00e0 l\u2019automne 1957 raconte un morceau de vie de Cabiria, une petite prostitu\u00e9e romaine assez na\u00efve malgr\u00e9 son dur m\u00e9tier. En dehors de ses clients, les hommes qu&rsquo;elle rencontre sont envers elle d&rsquo;une grande cruaut\u00e9. Avec une foi in\u00e9branlable, Cabiria ne d\u00e9sesp\u00e8re pas de voir tourner sa chance et persiste \u00e0 chercher l&rsquo;amour. Ce film est dur, mais d\u2019une ma\u00eetrise absolue. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Les Nuits de Cabiria<\/em> reprend, r\u00e9sume, affine et parach\u00e8ve le message moral ou spirituel contenu dans les trois films pr\u00e9c\u00e9dents, mais cette fois-ci l\u2019intelligence de la construction est diabolique, la conscience de l\u2019efficacit\u00e9 de chaque d\u00e9tail, absolue. <\/p><cite>raconte Andr\u00e9 Bazin pour <strong>France Observateur<\/strong>, le <em>16 mai 1957<\/em> lors du Festival de Cannes<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le film recevra notamment<strong> le Prix d&rsquo;interpr\u00e9tation f\u00e9minine<\/strong> pour <strong><em>Giulietta Masina<\/em><\/strong>, mais aussi aux Oscars 1958, l\u2019<strong>Oscar du meilleur film en langue \u00e9trang\u00e8re<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour y arriver, comment s\u2019y prendre ?&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Voici la lettre \u00e0 un.e jeune cin\u00e9aste d\u2019Anissa Bonnefont (comme l\u2019ont mis \u00e0 l\u2019ordre du jour nos partenaires Horschamp) :&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em><strong>Soyez passionn\u00e9.e.s<\/strong>, il faut l\u2019\u00eatre parce que ce m\u00e9tier est difficile. Il demande de la patience et beaucoup d\u2019\u00e9nergie. Il lui a fallu du temps avant de faire son premier long m\u00e9trage, et du temps encore pour qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent on l\u2019appelle pour lui proposer des projets. Son premier court m\u00e9trage elle l\u2019a tourn\u00e9 il y a 13 ans. Le chemin vers la r\u00e9alisation et l\u2019obtention d\u2019une certaine reconnaissance est tr\u00e8s long et demande de la pers\u00e9v\u00e9rance et une motivation sans faille. <strong>Il faut \u00eatre passionn\u00e9.e.s, travailler \u00e0 fond et y croire fort<\/strong>. <strong>Il faut aussi regarder beaucoup de films<\/strong>. Se faire une culture cin\u00e9matographique est tr\u00e8s important parce qu\u2019on a sans arr\u00eat besoin de s\u2019enrichir, de trouver des id\u00e9es, parce qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, tout est &#8211; quelque part &#8211; une r\u00e9invention de ce qui existe d\u00e9j\u00e0. Il est riche de se nourrir des autres. Cependant, <strong>\u00eatre singulier est essentiel<\/strong>, essayer de ne pas copier les autres. C\u2019est important d\u2019avoir son mot \u00e0 dire. Enfin, il faut <strong>se faire confiance et vivre son r\u00eave \u00e0 fond.&nbsp;<\/strong><\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 les conseils qu\u2019elle donnerait et que nous allons t\u00e2cher de suivre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"youtube-embed\" data-video_id=\"rc91ZJSKbe8\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"RENCONTRE AVEC LA R\u00c9ALISATRICE ANISSA BONNEFONT\" width=\"696\" height=\"392\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rc91ZJSKbe8?feature=oembed&#038;enablejsapi=1\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Pour compl\u00e9ter votre lecture<\/em> <\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-road-to-cinema wp-block-embed-road-to-cinema\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"ib9xJ9DdAW\"><a href=\"https:\/\/roadtocinema.paris\/index.php\/2020\/12\/04\/anissa-bonnefont-realisatrice-et-productrice-de-wonder-boy-se-livre-pour-road-to-cinema\/\">Anissa Bonnefont, r\u00e9alisatrice et productrice de Wonder Boy, se livre pour Road to Cinema<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0Anissa Bonnefont, r\u00e9alisatrice et productrice de Wonder Boy, se livre pour Road to Cinema\u00a0\u00bb &#8212; Road to Cinema\" src=\"https:\/\/roadtocinema.paris\/index.php\/2020\/12\/04\/anissa-bonnefont-realisatrice-et-productrice-de-wonder-boy-se-livre-pour-road-to-cinema\/embed\/#?secret=ib9xJ9DdAW\" data-secret=\"ib9xJ9DdAW\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-road-to-cinema wp-block-embed-road-to-cinema\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"81AOVlJhBd\"><a href=\"https:\/\/roadtocinema.paris\/index.php\/2020\/12\/16\/anissa-bonnefont-sort-cinema-paradiso-2020-un-film-poetique-qui-rend-hommage-aux-salles-de-cinema-fermees\/\">Anissa Bonnefont sort Cinema Paradiso 2020: Un film po\u00e9tique qui rend hommage aux salles de cin\u00e9ma ferm\u00e9es<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0Anissa Bonnefont sort Cinema Paradiso 2020: Un film po\u00e9tique qui rend hommage aux salles de cin\u00e9ma ferm\u00e9es\u00a0\u00bb &#8212; Road to Cinema\" src=\"https:\/\/roadtocinema.paris\/index.php\/2020\/12\/16\/anissa-bonnefont-sort-cinema-paradiso-2020-un-film-poetique-qui-rend-hommage-aux-salles-de-cinema-fermees\/embed\/#?secret=81AOVlJhBd\" data-secret=\"81AOVlJhBd\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTERVIEW. 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