# Road to Cinema — Contenu intégral > Média digital indépendant basé à Paris, dédié aux interviews et à la couverture des festivals de cinéma. Ce fichier fournit le texte intégral des articles récents pour les moteurs de réponse et les modèles de langage. Site : https://roadtocinema.paris Langue : Français Contact : roadtocinema.paris@gmail.com --- # Sam Chemoul, nouveau Paul Dédalus pour Arnaud Desplechin URL : https://roadtocinema.paris/sam-chemoul-nouveau-paul-dedalus-pour-arnaud-desplechin Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2025-01-30 Sam Chemoul crève l’écran dans le nouveau film d’Arnaud Desplechin, Spectateurs !. Il y incarne, aux côtés de Louis Birman, Milo Machado Graner et Salif Cissé une version démultipliée de Paul Dédalus, le célèbre double fictionnel du réalisateur. Rencontre tout en sensibilité avec un jeune comédien hyperactif. Sam Chemoul crève l’écran dans le nouveau film d’Arnaud Desplechin, Spectateurs !. Il y incarne, aux côtés de Louis Birman, Milo Machado Graner et Salif Cissé une version démultipliée de Paul Dédalus, le célèbre double fictionnel du réalisateur. Rencontre tout en sensibilité avec un jeune comédien hyperactif. ### Salut Sam ! Tu incarnes Paul Dédalus dans Spectateurs !, le dernier film d’Arnaud Desplechin. Qu’est-ce que ça fait de reprendre ce rôle mythique ? C’est vertigineux ! Paul Dédalus, c’est un personnage emblématique du cinéma d’auteur français, interprété par des talents incroyables comme Mathieu Amalric ou Quentin Dolmaire, donc il est déjà passé entre plusieurs mains. Au début, j’étais un peu effrayé, mais ce qui est génial avec ce film, c’est qu’on est cinq acteurs à porter ce rôle, il est en quelque sorte décuplé… Donc on est un peu arrivé en crew ! ### Tu l’as dit, c’est un rôle qui a été marqué par l’interprétation de comédiens comme Mathieu Amalric, comment tu as préparé ce rôle ? Tu as revu les précédents films ? Pas vraiment ! Arnaud Desplechin a une vision très claire et précise de ce qu’il veut. Le meilleur moyen de se préparer, c’était de l’écouter. Il nous laisse à la fois des libertés, mais en même temps, il sait exactement là où il veut qu’on aille. Et puis, il m’a fait lire La Symphonie des spectres, un des livres préférés de Paul Dédalus et d’Arnaud, ainsi que regarder certains films, comme Peggy Sue s’est mariée, que je vais voir dans une scène de Spectateurs ! avec mes deux « amoureuses ». ### Comment ça se passe sur un tournage avec Arnaud Desplechin ? La seule chose que je savais, c’est qu’Arnaud dirige dans un volume sonore très bas, c’est-à-dire qu’il y a une sorte de calme qui a besoin d’advenir sur le plateau pour que la magie opère, comme un chemin qui s’ouvre, une façon de raccourcir le chemin entre le cœur et la bouche. ### Spectateurs ! parle du rapport intime qu’on entretient avec le cinéma. Et toi, c’est quoi ton lien avec les salles obscures ? Pour moi, le cinéma, c’est un refuge. J’aime ce moment où l’on n’est plus joignable, où l’on se déconnecte du quotidien. C’est un espace de créativité et de rêve, un des derniers préservés. Et c’est drôle parce que selon le film que l’on va voir, les gens sont très différents et ont d’autres attentes. Par exemple, j’adore assister aux séances du soir de films d’horreur, parce que je sais que les gens ne sont pas là pour avoir peur mais pour crier. Et la salle de cinéma se transforme en un train fantôme ! Et au même titre que j’adore aller aux séances du matin où il n’y a vraiment pas beaucoup de monde, et on peut être seul. Et il y a les avant-premières où on est là à la fois pour regarder le film et pour célébrer les gens qui l’ont fait. ### Spectateurs ! accorde une part large à des thématiques difficiles comme la Shoah. Comment as-tu reçu cette partie du film ? À la lecture du scénario, on ne réalisait pas encore l’importance de cet aspect. Mais en découvrant le film à Cannes, avec Salomé Rose Stein, ma partenaire de jeu, on a beaucoup pleuré. Le cinéma a ce pouvoir de montrer ce qu’on n’ose pas toujours dire. Dans ce film, il n’y a pas que de la fiction et même dans la fiction, c’est intéressant de voir comment Arnaud arrive à raconter le monde. ### Si tu devais résumer Spectateurs !, qui est tout en sentiments, avec tes propres émotions ? Ce serait une réplique du film. C’est vraiment ce que j’ai ressenti sur le tournage. Il y a un moment où mon personnage dit qu’il va voir les films trois fois : > Une première fois pour découvrir, la deuxième fois pour admirer et la troisième fois pour apprendre. Et honnêtement, si j’avais pu faire le tournage trois fois, ça aurait été un peu ma ligne directrice. Là j’étais vraiment dans la découverte et ça s’est terminé par l’admiration. Et je pense que dans quelques années, avec le recul, je serai dans l’apprentissage. ### Toi qui as travaillé autant au cinéma qu’au théâtre, qu’est-ce qui distingue ces deux expériences pour toi ? Au théâtre, tout est immédiat. On ressent l’énergie du public, même quand il est silencieux. Il y a aussi une grande liberté, car rien n’est figé, contrairement au cinéma. On peut se permettre des choses folles, et ça reste unique à chaque représentation. ### Peux-tu nous parler de tes prochains projets ? Oui ! Je joue dans une pièce intitulée Soleil au Théâtre de la Tempête, une adaptation des nouvelles de Raymond Carver. Et je vais prochainement tourner un court-métrage que j’ai écrit, un essai sur la tendresse qui se passe dans un salon d’épilation dans le Nord-Pas-de-Calais. ### Enfin, quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer comme comédien ? Créez, tout le temps, sur tous les supports possibles. Et surtout, n’ayez pas peur de vos idées, même les plus folles. Parfois, les choses qu’on juge « clichées » ou « trop enfantines » sont justement celles qui ont le plus de valeur. Bref, écoutez votre enfant intérieur et donnez-lui les armes pour s’exprimer. ### Lien bande annonce Spectateurs ! : --- # Joseph Olivennes dévoile les coulisses d’un tournage chaleureux dans « La Vallée des Fous » de Xavier Beauvois URL : https://roadtocinema.paris/joseph-olivennes-devoile-les-coulisses-dun-tournage-chaleureux-dans-la-vallee-des-fous-de-xavier-beauvois Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2024-11-17 Actuellement au cinéma, Xavier Beauvois présente son nouveau film, La Vallée des Fous. Ce drame poignant suit Jean-Paul (Jean-Paul Rouve), un passionné de voile, qui se lance dans la course virtuelle du Vendée Globe après avoir accumulé les dettes. S’isolant pendant trois mois sur son bateau dans son jardin, il cherche à renouer avec sa […] Actuellement au cinéma, Xavier Beauvois présente son nouveau film, La Vallée des Fous. Ce drame poignant suit Jean-Paul (Jean-Paul Rouve), un passionné de voile, qui se lance dans la course virtuelle du Vendée Globe après avoir accumulé les dettes. S’isolant pendant trois mois sur son bateau dans son jardin, il cherche à renouer avec sa famille, incarnée par Pierre Richard et des talents montants, notamment Madeleine Beauvois et Joseph Olivennes. Un film qui aborde la reconstruction personnelle à travers une histoire familiale. Interview avec l’étoile montante du cinéma, Joseph Olivennes. ## « Il y a une vraie énergie qui se crée avec Xavier » Au micro de Road to Cinema, Joseph Olivennes revient avec enthousiasme sur cette aventure cinématographique : « Quand mon agent m’a dit que Xavier Beauvois voulait me voir, j’ai eu du mal à y croire. C’est un réalisateur que j’admire depuis longtemps ». L’acteur, qui a grandi en admirant la star de Nos Jours Heureux, se rappelle avec émotion les souvenirs d’enfance liés aux films du comédien. « J’ai toujours suivi Jean-Paul Rouve, depuis Les Robins des Bois jusqu’aux Tuches. Et Pierre Richard, c’est une légende du cinéma. C’était un rêve de pouvoir partager l’affiche avec eux », confie-t-il. Le tournage s’est déroulé en Bretagne dans une ambiance conviviale. « C’était l’été indien, on se baignait tous dans la mer, on passait du bon temps ensemble. Il y a une vraie énergie qui se crée avec Xavier, il aime que le film se réécrive sur le plateau. C’est un peu comme une aventure collective », se souvient l’acteur de 33 ans. Après La Vallée des Fous, l’acteur enchaîne avec plusieurs projets excitants, dont le film Roi Soleil aux côtés de Pio Marmaï et Panayotis Pascot. Il prépare aussi un film avec Thierry Klifa, situé sur une île grecque. « C’est une chance d’avoir autant d’opportunités cette année, je me sens vraiment privilégié », conclut-il avec joie. --- # Un Rendez-vous avec Charlie Winston à la Villa Maïa URL : https://roadtocinema.paris/un-rendez-vous-avec-charlie-winston-a-la-villa-maia Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2024-10-13 Dans le cadre de son rôle de juré pour le Filmoramax, festival 100 % consacré au court-métrage, le chanteur de Like a Hobo nous a accordé un moment privilégié autour d’une jolie table ronde. Dans le cadre de son rôle de juré pour le Filmoramax, festival 100 % consacré au court-métrage, le chanteur de Like a Hobo nous a accordé un moment privilégié autour d’une jolie table ronde. Une discussion colorée autour des jeux de reflets entre cinéma et musique. Ce fut aussi l’occasion de flasher sur les derbys en cuir blanc de notre photographe Léa Ghirardotti, de nous faire pratiquer le franglais, et de recueillir quelques conseils pour trouver sa voie(x) d’artiste. ### Merci de nous accorder ce temps Charlie, c’est un plaisir de te rencontrer ! Tu es britannique, mais tu habites dans le Sud de la France si je ne m’abuse, alors en français ou en anglais ? Essayons en français ! ### Si tu avais un mot pour circonscrire la singularité du Fimoramax ? Émergence. C’est un festival qui s’intéresse à ce qui n’existe pas déjà dans l’industrie du cinéma. Ce qui les motive, c’est vraiment de découvrir des talents nouveaux. Célébrer une créativité neuve : c’est ça le plus important pour le Fimoramax. © Léa Ghirardotti ### Qu’est-ce qui t’a motivé à accepter ce rôle de membre du jury au Filmoramax ? La possibilité de plonger dans cette créativité, déjà, et puis, il faut dire que j’avais envie de vivre quelque chose de neuf, d’en dehors de mes activités musicales qui s’enchaînent comme sur… a conveyor belt, how do you say that in French ? Là où tu mets tes produits au supermarché… un tapis roulant ! (rire) : écrire, enregistrer, tourner, et recommencer. ### Un peu de fraîcheur ? Oui, voilà ! Voir des choses nouvelles, rencontrer d’autres personnes, découvrir des talents avec qui j’aimerais collaborer, parce que j’adore aussi composer pour le cinéma et le théâtre. ### Oui, j’allais y venir, tu es musicien-compositeur et tu as notamment participé à la BO de Lullaby (for Pi), quel regard spécifique penses-tu apporter au jury, par rapport aux autres jurés qui se consacrent au monde du cinéma ? L’équipe de Filmoramax – Arnaud Mizon, Baptiste Brun et Patrice Révaux – m’a proposé ce rôle parce qu’ils appréciaient ma musique, et ils ont mentionné que ce qui les séduisait le plus, c’était son côté cinématique. Et c’est vrai. J’ai toujours écrit avec un oeil cinématique. Je vois la chanson en image avant de pouvoir l’écrire. ### Tu visualises d’abord des images avant de construire ta mélodie ? Oui, pour moi, la musique, le cinéma et la peinture fonctionnent de la même manière : au cinéma, on peint avec la photographie, en musique on peint avec des sons, des accords et des notes. ### En e]et, j’imagine que ton expérience du monde de la musique apporte un nouveau regard à un jury autrement essentiellement ancré dans le cinéma. As-tu eu l’occasion de ressentir cela à l’occasion des discussions entre jurés ? Nous verrons cela au moment de la délibération ! Je pense que j’apporte une vision diOérente pour deux raisons. D’abord, tu l’as dit, je viens du milieu de la musique avant tout, mais pas seulement : je suis aussi britannique (rire). Mon oeil diffère de l’oeil francophone. Il me semble que cet aspect est très important et qu’il peut offrir de nouvelles clefs de compréhension à un film. © Léa Ghirardotti ### Tu as hâte de participer à cette délibération ? Comment l’abordes-tu ? Oui, j’ai hâte de voir de quelle manière on ne sera pas d’accord (rire) ! C’est important de ne pas être d’accord ! C’est la raison d’être d’un jury. L’essentiel, c’est de savoir où l’on s’accorde unanimement et de définir ensemble les critères qui établiront la qualité d’un film. ### Et de trouver, de questionner : pourquoi ces critères-là ? Oui, c’est aussi un travail de recherche de saisir ce qui fait qu’un film est percutant, ou non. ### Et selon toi quels devraient être ces critères ? Pour moi, c’est d’abord le message : est-ce que le message qui a voulu être transmis est intéressant ? Ensuite, pour habiller ce message il y a la photographie, les effets visuels et musicaux qui sous-tendent ce message et permettent de le transmettre de la bonne manière. Dans mes chansons, c’est pareil, je me demande comment la musique, la manière dont j’utilise ma voix, etc. va servir le message que je souhaite transmettre. ### Y a-t-il des thèmes ou préoccupations récurrents que tu remarques dans le travail de la jeune création cinématographique ? C’est une bonne question à laquelle il est diOicile de répondre de manière immédiate et définitive, mais il me semble que la réflexion autour de l’identité est récurrente. Notamment la façon dont un traumatisme forge une identité et comment on peut s’en guérir pour reprendre le contrôle de son existence. © Léa Ghirardotti ### Nous avons une forte communauté de jeunes artistes, as-tu des conseils à donner à des musiciens, compositeurs pour le cinéma, ou non, à des jeunes créateurs en début de carrière ? Don’t be afraid. Je pense qu’il faut avoir l’audace et la curiosité d’explorer des choses très différentes pour trouver sa voie. Selon moi, il n’y a qu’une seule manière de le faire : ne jamais se fermer de portes ni s’enfermer dans des idées préconçues. Parfois, un mauvais film est un excellent terrain d’apprentissage ; on ressort souvent d’une mauvaise expérience en ayant appris beaucoup sur le métier, mais aussi sur soi. Rencontrez, travaillez avec de nombreuses personnes jusqu’à ce que vous trouviez celles qui partagent et portent votre voix ! --- # Nous nous sommes baladées sur la plage avec… Pablo Pauly URL : https://roadtocinema.paris/nous-nous-sommes-baladees-sur-la-plage-avec-pablo-pauly Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2024-09-25 Entre sable et mouettes, Pablo nous raconte sa vision du jeu, ce qui le motive et l’inspire, et comment son rôle de juré l’enrichit personnellement et en tant qu’acteur. Bienvenue sur cette plage de Normandie, bienvenue dans cet échange riche et spontané, bien qu’un peu frisquet… Entre sable et mouettes, Pablo nous raconte sa vision du jeu, ce qui le motive et l’inspire, et comment son rôle de juré l’enrichit personnellement et en tant qu’acteur. Bienvenue sur cette plage de Normandie, bienvenue dans cet échange riche et spontané, bien qu’un peu frisquet… ### Pour toi quelle est la singularité du festival Off-Courts de Trouville ? Pour moi, c’est d’abord le lien entre le Québec et la France : pouvoir profiter de 45 films français et québécois. Je trouve ça assez fabuleux de découvrir le cinéma québécois en court-métrage, je ne connaissais pas. Ensuite, il y a cette ouverture sur la diversité internationale, avec un nouveau pays invité à chaque édition. Par ailleurs, à Off-Courts il y a ce côté humain très prononcé, l’équipe dans son entièreté est très cool, très accueillante, et ultra compétente. C’est à la fois amical et très professionnel. ### Qu’est-ce qui t’a motivé à accepter le rôle de membre du jury au Festival Off-Courts cette année ? Qu’est-ce que cela t’apporte personnellement et en tant qu’acteur ? J’ai accepté parce que j’aime beaucoup être jury (rire). Donner mon avis, c’est la partie que j’aime le moins finalement. La partie que je préfère c’est découvrir des films auxquels on n’a pas vraiment accès. Le court-métrage, c’est vraiment un défi, parce que tu dois transmettre un message en 15 minutes. Du coup, en tant qu’acteur, tu t’enrichis de plein de nouvelles façons d’aborder ton jeu pour proposer des choses différentes. D’un autre point de vue, et très égoïstement, je rencontre des réalisateurs, et d’autres professionnels du monde du cinéma avec qui je peux éventuellement travailler ensuite. Cette année à Off-Courts par exemple, j’ai particulièrement apprécié la musique d’un des courts, le compositeur est maintenant noté dans mon carnet d’adresses en gras. ©Léa Ghirardotti ### En tant qu’acteur, que penses-tu apporter de spécifique à l’évaluation des courts métrages par rapport à d’autres jurés ? La même chose que les autres, sur un autre angle : les réalisateurs se concentrent sur la réalisation, moi je vois les choses en tant qu’acteur, je suis très focus sur le jeu. Par exemple, si le texte ne se démarque pas particulièrement, comment l’acteur le fait vivre ? Au-delà de la parole, le jeu ça se passe dans le corps aussi, et cette année l’acteur de Suleyman, Moustapha Mbengue, m’a vraiment impressionné, il fait passer énormément à travers son corps, son regard. ### Il a d’ailleurs eu le prix de l’interprétation ! Sur le même angle, chez RTC, on avait adoré Adam Bessa dans Les Fantômes de Johnattan Millet qu’on a découvert au Festival de Cannes cette année. Ah oui, je l’ai vu, j’ai beaucoup aimé. Typiquement, très peu de paroles, c’était magnifiquement interprété. ### As-tu trouvé des différences singulières, ou encore des points de rencontre, entre les productions françaises et québécoises ? Le point de rencontre, c’est définitivement le cinéma, un film est un film. On s’en fiche du continent, de la langue, ce qui prime ce sont les émotions et ça, ça se retrouve de manière égale, que ce soit réalisé au Québec ou en France. Je n’ai pas identifié de sujet particulier pour la France ou le Québec, mais c’est vrai que dans les films québécois, sans surprise, on retrouve ces cadres de grands espaces vraiment propres au Canada. ### Est-ce que tu souhaites souligner un film qui t’aurait particulièrement marqué ? Hello Stranger, réalisé par Amélie Hardy, dans la sélection Québec. J’ai trouvé ce film qui mêle la fiction et le documentaire, incroyable ! C’est un film qui m’informe beaucoup, c’est le rôle du documentaire selon moi, mais sans me dire jamais comment penser. Autant, dans la mise en scène, que dans son écriture, que dans le jeu… la photographie était sublime aussi, vraiment ce film-là, je n’ai rien à redire, il est fantastique. Ça et Les Belles Cicatrices, de Raphaël Jouzeau. Un film sublime, plein d’idées, peu dans la démonstration. Pour moi, ces deux-là ressortent très fortement de la sélection. ### Quel regard portes-tu sur la spécificité du court ? Penses-tu que sa concision puisse apporter une force particulière par rapport aux longs ? Comment saisir cette force ? Pour moi, c’est obligé qu’il y ait un côté vif dans le court métrage, pour qu’il puisse nous saisir, sans pour autant plonger dans le film « coup de poing » non plus. Quand tu n’as que 15 min pour faire passer un message, il faut être précis. Je pense que tu peux aussi réussir un court contemplatif, mais à ce moment-là, il faut être capable de faire naitre une photographie vraiment remarquable, doublée d’un sujet fort. ### As-tu des conseils à donner à de jeunes réalisateurs ou de jeunes comédiens qui voudraient se lancer dans un court ? Être curieux, ne pas s’arrêter à un seul type de film, de lire toujours et plein de choses différentes. Des essais, des romans, des nouvelles. Ne pas s’édicter de vérité, ne pas être sûr des choses et toujours essayer. S’ouvrir d’absolument de tout, profiter de l’omniprésence de l’art pour s’enrichir. ### Tu vas au musée, toi ? Ah, oui, j’y vais très souvent. Dernièrement je suis allée visiter la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, à côté de Nice. Récemment je suis aussi allé faire un tour au musée Chagall, les vitraux y sont incroyables, c’est un art qui te dépasse. J’ai beaucoup aimé Turner cet été aussi, c’était sublime. Ça me fait penser, j’ai un professeur de théâtre qui m’a dit, un acteur c’est comme un chercheur d’or… ### Grand Corps Malade ! (rire) Oui, mais avant Grand Corps Malade c’était, Arthur H ! En fait, tu mets les mains dans la boue, tu ramasses, tu ramasses, et à un moment donné, tu vas trouver une pépite. L’art, c’est être curieux, il faut essayer. ### Tu parles finalement d’audace. L’audace c’est essentiel. Tu ne peux pas faire sans l’audace. ### Merci beaucoup, Pablo, c’était un plaisir de passer un moment avec toi. Merci à vous, maintenant, allons nous réchauffer ! --- # Kevin Elarbi aux Journées Nationales du Livre et du Vin URL : https://roadtocinema.paris/kevin-elarbi-aux-journees-nationales-du-livre-et-du-vin Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Journées nationales du Livre et du Vin · Publié le : 2024-06-23 Kevin Elarbi au-delà d’être un ami cher est un cinéphile et auteur exceptionnel qui animait au salon plusieurs rencontres notamment celles de Sarah Biasini, Jean-Pierre Lavoignat et Dominique Besnehard. Kevin Elarbi au-delà d’être un ami cher est un cinéphile et auteur exceptionnel qui animait au salon plusieurs rencontres notamment celles de Sarah Biasini, Jean-Pierre Lavoignat et Dominique Besnehard. ## Retour vers le futur Au Festival Plurielles, créé par Quentin Delcourt et Laurence Meunier Au Champs Elysées Film Festival, créé par Sophie Dulac ## Notre dernière rencontre Aux Journées Nationales du Livre et du Vin --- # Stéphane Caillard, redoutablement libre dans « Flo » URL : https://roadtocinema.paris/stephane-caillard-libre-dans-flo Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Journées nationales du Livre et du Vin · Publié le : 2024-06-09 Stéphane Caillard l’interprète de Florence Artaud dans le film « Flo » de Géraldine Danon sorti il y a quelques mois au cinéma était présente aux Journées du Livre et du Vin de Saumur 2024. Stéphane Caillard l’interprète de Florence Artaud dans le film « Flo » de Géraldine Danon sorti il y a quelques mois au cinéma était présente aux Journées du Livre et du Vin de Saumur 2024. ## Contre vents et marées Synopsis : Connue comme « la petite fiancée de l’Atlantique », Florence Arthaud fut surtout une grande navigatrice. Son palmarès exceptionnel, et unique dans cet univers masculin, connut son apogée avec sa victoire de la Route du Rhum en 1990. Au-delà de ces exploits, « Flo » raconte l’incroyable destin d’une femme farouchement libre qui – après un accident de la route ayant failli lui coûter la vie – décide de rejeter son milieu bourgeois et la vie qui lui avait été tracée, pour vivre pleinement ses rêves. ## Notre rencontre --- # Sarah Biasini livre « La beauté du ciel » URL : https://roadtocinema.paris/sarah-biasini-nous-livre-la-beaute-du-ciel Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Journées nationales du Livre et du Vin · Publié le : 2024-06-02 Sarah Biasini est écrivaine et actrice, elle raconte son rapport à la maternité dans un livre important « La beauté du ciel » aux éditions Stock, nous l’avons rencontré dans le cadre des Journées nationales du Livre et du Vin à Saumur mi-avril dernier. Sarah Biasini est écrivaine et actrice, elle raconte son rapport à la maternité dans un livre important « La beauté du ciel » aux éditions Stock, nous l’avons rencontré dans le cadre des Journées nationales du Livre et du Vin à Saumur mi-avril dernier. ## L’amour comme guide « Un matin de mai, le téléphone sonne, je réponds, « Bonjour, gendarmerie de Mantes-la-Jolie, la tombe de votre mère a été profanée dans la nuit« . » Une femme écrit à sa fille qui vient de naître. Elle lui parle de ses joies, ses peines, ses angoisses, et surtout d’une absence, celle de sa propre mère, Romy Schneider. Car cette mère n’est pas n’importe quelle femme. Il s’agit d’une grande star de cinéma, inoubliable pour tous ceux qui croisent le chemin de sa fille. Dans un récit fulgurant, hanté par le manque, Sarah Biasini se livre et explore son rapport à sa mère, à la mort, à l’amour. Un texte poétique, rythmé comme le ressac, où reviennent sans cesse ces questions : comment grandir quand on a perdu sa mère à quatre ans ? Comment vivre lorsqu’on est habitée par la mort et qu’elle a emporté tant de proches ? Comment faire le deuil d’une mère que le monde entier idolâtre ? Comment devenir à son tour mère ? La réponse, l’auteure la porte en elle-même, dans son héritage familial, dans l’amour qu’elle voue à ses proches, à ses amis, à ces figures féminines qui l’ont élevée comment autant d’autres mères. Le livre de la vie, envers et contre tout. ## Notre rencontre à Saumur Nous remercions infiniment les organisateurs du festival pour leur accueil, leur gentillesse, leur bienveillance, leur générosité, et pour la liberté qu’ils nous ont offert. Passez par Saumur l’année prochaine, vous voguerez sur l’eau comme dans les mots. --- # La Belle de Gaza de Yolande Zauberman depuis Cannes URL : https://roadtocinema.paris/la-belle-de-gaza-de-yolande-zauberman-depuis-cannes Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Festival de Cannes · Publié le : 2024-05-29 Yolande Zauberman présentait en séance spéciale au Festival de Cannes 2024 La Belle de Gaza un film documentaire saisissant après M sorti en 2018 et Would you have Sex with an Arab ? en 2011. Rencontre. Yolande Zauberman présentait en séance spéciale au Festival de Cannes 2024 La Belle de Gaza un film documentaire saisissant après M sorti en 2018 et Would you have Sex with an Arab ? en 2011. Rencontre. ## Le documentaire Le synopsis : La Belle de Gaza est un film documentaire sur la transidentité en Israël. Une jeune fille, menacée de mort à cause de sa transidentité, aurait fui la bande de Gaza pour rejoindre, à pied, Tel-Aviv. Cette légende urbaine est à l’origine d’une présentation de la communauté queer israélienne. Filmé dans la rue Hatnufa à Tel-Aviv, le documentaire La Belle de Gaza entremêle les vies souvent tragiques de plusieurs femmes transgenres, dont certaines sont des prostituées. Ainsi Israela, venue d’un milieu juif orthodoxe, explique ses trois ans de mariage avec un rabbin qui ne savait pas qu’elle était transexuelle. Quand elle décide de le quitter, elle lui permet de voir ses papiers, il lui accorde immédiatement l’acte de divorce. Danielle venue des territoires palestiniens, a été kidnappée par des hommes de son ancien village pour la punir. Elle a survécu mais sa mère lui a dit : « Je regrette qu’ils ne t’aient pas tuée ». À l’inverse, l’Israélienne Talleen Abu Hanna Miss Trans Israel en 2016, se sent acceptée et exprime sa gratitude à l’égard de son pays. Elles étaient une vision fugace dans la nuit. On m’a dit que l’une d’entre elles était venue à pied de Gaza à Tel-Aviv. Dans ma tête je l’ai appelée La Belle de Gaza. ## Rencontre cannoise --- # Valérie Donzelli, présidente du Prix de la Citoyenneté Cannes 2024 URL : https://roadtocinema.paris/valerie-donzelli-presidente-du-prix-de-la-citoyennete-cannes-2024 Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Festival de Cannes · Publié le : 2024-05-26 Valérie Donzelli est actrice, scénariste et réalisatrice, elle était à Cannes l’année dernière pour L’amour et les forêts adaptation du roman éponyme d’Éric Reinhardt (Gallimard, 2014) avec Virginie Efira et Melvil Poupaud, et à Cannes cette année pour la présidence d’un prix qui fait sens. Valérie Donzelli est actrice, scénariste et réalisatrice, elle était à Cannes l’année dernière pour L’amour et les forêts adaptation du roman éponyme d’Éric Reinhardt (Gallimard, 2014) avec Virginie Efira et Melvil Poupaud, et à Cannes cette année pour la présidence d’un prix qui fait sens. ## Depuis la croisette --- # Emilie Frèche, mots pour maux URL : https://roadtocinema.paris/emilie-freche-mots-pour-maux Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-05-05 Emilie Frèche est autrice, femme de lettres et scénariste française engagée dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, elle publie en 2023 « Les Amants du Lutetia » aux éditions Albin Michel, nous l’avons rencontré à l’occasion du Prix Alice Guy, il y a quelques jours. Emilie Frèche est autrice, femme de lettres et scénariste française engagée dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, elle publie en 2023 « Les Amants du Lutetia » aux éditions Albin Michel, nous l’avons rencontré à l’occasion du Prix Alice Guy, il y a quelques jours. ## Envers et contre tous En 2014, Emilie Frèche écrit le scénario du film « 24 jours » d’Alexandre Arcady. Le scénario est adapté de son livre éponyme. Considéré comme un « acte républicain », le film est visionné en avant-première au palais de l’Élysée par le président de la République, François Hollande. Le scénario raconte la vérité sur l’affaire Ilan Halimi. Le vendredi 20 janvier 2006, Ilan Halimi, choisi par le gang des Barbares parce qu’il était juif, est enlevé et conduit dans un appartement de Bagneux. Il y sera séquestré et torturé pendant trois semaines avant d’être jeté dans un bois par ses bourreaux. Retrouvé gisant nu le long d’une voie de chemin de fer à Sainte-Geneviève-des-Bois, il ne survivra pas à son calvaire. En 2015, Emilie écrit « Le ciel attendra » réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar que nous avons adoré, raconte l’enrôlement et la liberté subjective de jeunes femmes qui nous ressemblent. Sonia, 17 ans, a failli commettre l’irréparable pour « garantir » à sa famille une place au paradis. Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère, aime l’école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Elle tombe amoureuse d’un « prince » sur internet. Elles pourraient s’appeler Anaïs, Manon, Leila ou Clara, et comme elles, croiser un jour la route de l’embrigadement. En 2016, Emilie co-écrit « Ils sont partout » avec et d’Yvan Attal, un film satirique qui au travers d’épisodes drôles et burlesques décrit une société parfois ambivalente, Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces. En 2022, Emilie écrit et réalise son premier film « Les Engagés », David est kinésithérapeute, alors qu’il roule en voiture près de Briançon dans les Hautes-Alpes, il percute un jeune homme. Étranger en situation irrégulière, ce dernier s’appelle Jocojayé et est poursuivi par la police. David décide de le cacher dans son coffre avant de le ramener dans sa propre maison. Avec sa compagne Gabrielle, il a ensuite l’idée de cacher l’adolescent dans un refuge de montagne tenu par son amie Anne. David va s’engager dans cette cause pour défendre Jocojayé. ## Notre rencontre --- # Weston Razooli : rencontre parisienne avec le réalisateur de « Riddle of Fire » URL : https://roadtocinema.paris/weston-razooli-rencontre-parisienne-avec-le-realisateur-de-riddle-of-fire Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2024-05-04 Nous étions déjà tombées en amour pour Riddle of Fire, le film réalisé par Weston Razooli et présenté à Cannes l’année dernière à la Quinzaine et en lice pour la Caméra d’Or. À l’occasion de sa sortie en salle en France, nous avons eu le plaisir de nous attabler avec Weston Razooli. Sur le coin […] Nous étions déjà tombées en amour pour Riddle of Fire, le film réalisé par Weston Razooli et présenté à Cannes l’année dernière à la Quinzaine et en lice pour la Caméra d’Or. À l’occasion de sa sortie en salle en France, nous avons eu le plaisir de nous attabler avec Weston Razooli. Sur le coin d’une table de bistrot, Weston vide son sac. Littéralement. Et c’est entre quelques olives, un carnet de croquis, et une mascotte miniature, que Weston nous livre les détails de la naissance de son film… Un entretien mené par Lauranne Rivière et photographié par Léa Ghirardotti pour Road to Cinema Nous avons adoré votre film. Vraiment. Merci, merci beaucoup. C’est un film qui fait du bien, qui fait rire, qui surprend et qui stimule la créativité ! Et en même temps, des éléments difficiles parcourent ce film brillamment construit comme un conte de fées moderne. À l’écran, c’est ludique, mais en sous-texte, ce sont des choses terribles qui émergent. Il y a notamment cette forme de violence latente des adultes envers les enfants : un enfant finit ligoté, ils subissent parfois une pression psychologique. La mère de Petal est cheffe de secte, personne n’a de père à la maison, la mère de la princesse est malade, etc. Quand on fait le total, ce n’est pas si joyeux… Cela nous a profondément émues de voir les enfants mettre tant d’efforts à réinventer une vie qui sans leur folie douce serait très terne. Donc, notre première question, la voici : Est-ce un film qui traite d’un sujet plus sérieux qu’il n’y paraît ? Un film qui offre dans son contenu, mais aussi, et de manière très cohérente et intelligente, dans sa mise en forme créative, une solution à la douleur ? Une solution qui serait l’art, l’inventivité, et l’amitié ? Eh bien, tout d’abord, merci pour la question. C’est une très bonne question. Oui, parce que vous avez raison. C’est un film d’aventure très amusant, un film de cape et d’épée. Mais c’est aussi un film qui s’attaque à des sujets très sombres. Notamment la situation de Petal avec sa mère. Je ne pense pas que cette situation, la secte, ait été portée à l’écran du point de vue d’une enfant innocente. Et vous touchez juste… une de mes motivations principales à faire ce film, c’était de permettre à ces enfants, qui grandissent dans des contextes familiaux difficiles, au sein de dynamiques complexes, de vivre l’émerveillement, la magie de l’enfance et de l’amitié. Je voulais montrer qu’à travers le regard d’un enfant, on peut toujours trouver du bonheur, de l’optimisme, de l’espoir et de l’amour, même coincés dans les situations les plus sombres. L’amitié est généralement la clé. L’amitié et aussi l’art, non ? Parce que dans votre film, tout est question de créativité. Celle des enfants, mais aussi celle de l’aspect formel de votre film. La photographie est très réfléchie, la mise en scène particulièrement dense. D’ailleurs les jouets des enfants et de nombreux autres objets semblent être homemade. Pour nous, au-delà du scenario, la forme du film participe vraiment à démontrer comment l’art et la créativité peuvent donner une clef pour s’échapper d’un contexte sombre. Cette atmosphère, teintée de merveilleux nous permet nous aussi, qui regardons le film, de nous échapper de la réalité avec eux. Oui, tout à fait. Je voulais que ce soit une expérience pour le public aussi. Je voulais que l’atmosphère attire le public, et l’immerge dans un monde décalé, à travers le regard d’une bande d’enfants qui s’amusent. Ce n’est pas nécessairement une aventure effrayante. C’est une belle aventure à laquelle on aimerait tous et toutes participer ! Certaines caractéristiques m’ont fait penser à l’esthétique des années 70 : l’omniprésence des tons pastel, la prédominance formes organiques, cela faisait-il partie de vos influences esthétiques ? Oui, tout à fait, les tons pastel je les ai choisis parce qu’ils ont, ce plus, ce quelque chose de particulièrement chaleureux et attrayant. Et, comme nous le disions, je voulais créer un monde dans lequel on voudrait vraiment se plonger. Un monde dans lequel, en tant qu’enfant, vous voudriez être, et en tant qu’adulte aussi. Vous savez…à l’abri des montagnes, allongé sur un flanc de colline, on regarde les nuages, etc. Et je pense que ces couleurs et teintes pastel ont vraiment aidé à construire cette ambiance chaleureuse et à inviter le public à plonger dans le film. Comment avez-vous travaillé avec votre équipe pour créer l’ambiance féérique et homemade du film ? J’ai travaillé avec Jake L. Mitchell, le directeur de la photographie, et une excellente cheffe décoratrice, Meg Cabell. Elle vient de l’Utah. Nous sommes devenus très proches depuis. Avec Meg on en parlait, on discutait longuement, puis on allait visiter des lieux, et on a passé pas mal de temps à regarder des animaux empaillés aussi… J’ai compilé mes dessins, mes croquis et généralement, on travaillait à partir de mes esquisses. Typiquement, je faisais une esquisse rapide, par exemple du poulailler et elle, elle regardait, elle comprenait, et elle allait dans les bois couper de quoi, littéralement, construire elle-même le poulailler. C’était vraiment cool. En fait, beaucoup des accessoires ont été fabriqués à la main. Certains, comme la console du jeu vidéo ont été imprimé en 3D. Les fusils, on les a choisis déjà faits, mais nous les avons personnalisés, nous avons fabriqué et ajouté les sangles, on y a mis des munitions, etc. Vous savez, même les applications qu’ils utilisent sur leurs téléphones, c’est moi-même qui les ai créées. Les enfants vous ont aidé à fabriquer les objets ? Non, mais ils ont fait quelques dessins ! Mais non, pas de construction à proprement parler, ç’aurait été vraiment cool, ceci dit. On peut imaginer que travailler avec des enfants est très différent de travailler avec des adultes. Quelle force pensez-vous qu’un acteur ou une actrice enfant peut insuffler à un film ? Les enfants apportent-ils avec eux leur fougue, leur fantaisie ? C’est vraiment amusant de travailler avec eux : ils sont tellement drôles. Ils sont passionnés par tout. Ils adorent tout, et ils veulent tellement bien faire les choses. Et les faire à 100 % : ils veulent courir vite, ils veulent danser comme jamais. Ils ne se retiennent pas comme des adultes, c’est fou à expérimenter. Diriger et filmer des enfants, quelles différences cela a-t-il impliquées dans votre processus de réalisation ? Comment adaptez-vous votre style de direction pour obtenir les performances souhaitées de la part des enfants ? Parfois, la plus grande, Phoebe, craignait de ne pas être à la hauteur. Alors je devais la rassurer et l’encourager. Mais les autres, ils y vont, sans crainte, ils foncent sans s’arrêter. Ils reçoivent et interprètent parfaitement des instructions minimalistes, très directes. Avec un acteur adulte, c’est différent. Il faut lui donner des indications précises, il faut construire, élaborer comme un labyrinthe de prises pour arriver à l’exacte intention, la bonne prise. Alors qu’avec les enfants, il suffit de leur montrer, ou juste de dire « plus vite » et ils font plus vite, « plus grand », et ils font plus grand, et en plus ils adorent ça. C’était vraiment amusant. J’adore les deux, diriger les enfants, mais aussi les adultes. Comment votre propre expérience personnelle influence-t-elle votre travail de réalisateur ? Le film est-il inspiré de votre propre enfance ? Oui, très certainement. J’ai même tourné dans ma ville natale, celle où j’ai grandi. Moi aussi, j’ai grandi en faisant du dirt bike, en jouant au paintball avec des amis, en courant dans les montagnes. L’épicerie, c’est l’épicerie de mon enfance. C’est une version très différente de ma propre enfance, je suppose, c’est fictif, mais oui, c’est définitivement lié à mes souvenirs. Je me demandais comment vous aviez construit vos personnages, car ils sont très liés aux contes de fées : cette mère souffrante, qui souffre peut-être plus que d’un simple rhume, ça serait la princesse, Petal serait la fée, vous avez aussi un ogre contemporain, vous avez une sorcière, etc. Comment avez-vous décidé des rôles de chacun à l’écriture ? Ont-ils été imaginés comme des personnages de conte de fées ? Ok, il me faut une sorcière, ça c’est coché, une princesse ? ça sera toi, etc Oui, c‘est exactement ça ! Je voulais créer les archétypes. La sorcière, le chasseur, le fantôme, la fée, etc. Les trois enfants sont les gobelins. J’ai intégré des traits de personnalité typiques dans chacun des personnages et ça semblait fonctionner naturellement. Donc votre idée initiale, c’est votre enfance, puis cette créativité, cette amitié, qui a le pouvoir de transformer une vie monotone en un conte de fées moderne. Et seulement après, vous avez travaillé sur vos archétypes de contes de fées ? Oui, en fait : j’ai inventé les trois enfants en premier. Qu’on appelle les trois reptiles immortels, si on veut. Et je me suis dit, Ok, je veux passer une aventure de 24 heures avec eux. Ils ont leur équipement, ils ont leurs dirt bikes, ils ont leurs fusils… …ils ont leur indépendance Oui, ils sont très indépendants. J’ai pris tout ça, et ensuite, je me suis dit : qu’est-ce qui peut arriver ? Là j’ai écrit l’histoire en elle-même : ils vont partir à l’aventure, rencontrer ces personnages, vivre ces événements, etc. Puis j’ai dû réduire énormément l’histoire ! J’ai coupé encore et encore jusqu’à obtenir cette trame simple : la tarte, pour la console, l’œuf pour la tarte. J’ai sauvegardé les éléments qui étaient les plus cohérents avec l’image d’Epinal du conte de fées, à la Hansel et Gretel en somme. Et ça a donné Riddle of Fire. C’est sur cette dernière référence au conte de fées que s’achève notre entretien féérique avec Weston Razooli, ce fut un plaisir, et ce sera encore un plaisir d’aller nous replonger dans cette odyssée rocambolesque… --- # N.T. Binh, critique de cinéma depuis le Prix Alice Guy URL : https://roadtocinema.paris/n-t-binh-critique-de-cinema-au-prix-alice-guy Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-04-28 N.T. Binh est écrivain, réalisateur, journaliste et critique de cinéma français, il est notamment membre du comité de rédaction de la revue Positif, et nous le retrouvons au Prix Alice Guy 2024 depuis le Max Linder. N.T. Binh est écrivain, réalisateur, journaliste et critique de cinéma français, il est notamment membre du comité de rédaction de la revue Positif, et nous le retrouvons au Prix Alice Guy 2024 depuis le Max Linder. ## Notre rencontre --- # Ana Girardot au Prix Alice Guy URL : https://roadtocinema.paris/ana-girardot-au-prix-alice-guy Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-04-21 Rencontre avec Ana Girardot, membre du jury du Prix Alice Guy 2024 qui a eu lieu au cinéma le Max Linder à Paris, il y a quelques jours. Rencontre avec Ana Girardot, membre du jury du Prix Alice Guy 2024 qui a eu lieu au cinéma le Max Linder à Paris, il y a quelques jours. ## Femmes de cinéma Le Prix Alice Guy est le seul prix à récompenser la réalisatrice de l’année. Lancé en janvier 2018 par Véronique Le Bris, journaliste et fondatrice de cine-woman.fr, il met en lumière le talent des réalisatrices contemporaines dans la lignée de la première d’entre elles, Alice Guy. Ana Girardot revient alors pour nous sur sa carrière et sur la place des femmes au cinéma – sur petit et grand écran Ana nous ravie, nous fait rire et nous émeut, à chaque scène elle est si juste. De « La Flamme » de Jonathan Cohen, Jérémie Galan et Florent Bernard sur Canal+, au « Salaire de la peur » de Julien Leclercq sur Netflix, en passant par « La Maison » d’Anissa Bonnefont et « Madame de Sévigné » d’Isabelle Brocard sur grand écran au cinéma, Ana est fondamentalement et depuis 15 ans drôle et grave, intense et légère, contemporaine et d’un autre temps. Ana est immense. « Les Filles d’Olfa » de Kaouther Ben Hania ainsi remporté le Prix 2024, succédant à « Revoir Paris » d’Alice Winocour. La réalisatrice faisait par ailleurs partie du jury, aux côtés des acteurs Samir Guesmi et Ana Girardot donc, du critique N.T Binh, du réalisateur du « Règne animal » Thomas Cailley, et de la scénariste et autrice Emilie Frèche. Place cette semaine à notre entrevue avec Ana Girardot. ## Notre rencontre --- # « Borgo » : Hafsia Herzi incarne avec brio le rôle complexe d’une surveillante pénitentiaire URL : https://roadtocinema.paris/borgo-hafsia-herzi-incarne-avec-brio-le-role-complexe-dune-surveillante-penitentiaire Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2024-04-19 Au cinéma le 17 avril 2024, Road to Cinema a eu le privilège d’échanger avec l’actrice de « Borgo », Hafsia Herzi et son réalisateur Stéphane Demoustier. On vous raconte. Nommée pour le César de la Meilleure Actrice grâce à son rôle dans « Le Ravissement », Hafsia Herzi revient à l’écran dans « Borgo », le nouveau drame […] Au cinéma le 17 avril 2024, Road to Cinema a eu le privilège d’échanger avec l’actrice de « Borgo », Hafsia Herzi et son réalisateur Stéphane Demoustier. On vous raconte. Nommée pour le César de la Meilleure Actrice grâce à son rôle dans « Le Ravissement », Hafsia Herzi revient à l’écran dans « Borgo », le nouveau drame signé par le cinéaste de « La Fille au Bracelet » (2019), Stéphane Demoustier. Dans ce polar carcéral, la comédienne et réalisatrice incarne Melissa, une surveillante pénitentiaire de 32 ans, qui déménage en Corse avec sa famille dans l’espoir d’un nouveau départ en rejoingnant les équipes d’un centre pénitentiaire unique en son genre… ## « Borgo », aussi insaisissable que son protagoniste « Ça faisait longtemps que je voulais tourner en Corse. La prison de Borgo est vraiment un endroit singulier. Elle se distingue des autres établissements pénitentiaires, c’est pourquoi j’ai été inspiré à raconter cette histoire« , explique le réalisateur, avant d’ajouter : > Là-bas, la vie des détenus suit des codes différents, presque inédits. On dit même que ce sont les prisonniers qui surveillent les gardiens. Stéphane Demoustier Melissa, un personnage insaisissable, est au cœur du récit durant près de deux heures. Alors qu’elle jongle entre sa vie de famille et son travail, elle se retrouve piégée dans une situation de plus en plus complexe. Interprété par un nouveau visage du cinéma français, Louis Memmi, le détenu Saveriu, jeune homme influent en Corse, prend Melissa sous son aile sans qu’elle ne le sollicite. Après sa libération, Saveriu continue de la hanter, ayant un service à lui demander. > À chaque fois que je lis un scénario, je me demande si je pourrais vraiment incarner le personnage. Pour Melissa, j’ai répondu ‘oui’. C’était crucial pour moi de le faire, même si je pense qu’elle est surtout sous l’emprise de cet ancien détenu. Hafsia Herzi ## Louis Memmi, la révélation de ce polar « J’ai également beaucoup apprécié que Louis Memmi incarne ce personnage. Malgré son apparence angélique, il se révèle de plus en plus autoritaire. Je suis convaincu qu’il a un bel avenir dans le cinéma« , ajoute Stéphane Demoustier. « Quant aux décors de la prison, nous n’avons pas tourné à Borgo, mais dans une prison désaffectée près de Compiègne. Je voulais éviter les studios pour préserver l’authenticité du lieu, même si cela impliquait des défis financiers », explique le réalisateur. Une décision artistique partagée par l’actrice, qui confie que ce choix a enrichi son immersion dans le personnage. « Borgo » est à découvrir dans toutes les salles obscures depuis ce mercredi 17 avril 2024. --- # Le Prix Alice Guy 2024 est décerné à Kaouther Ben Hania URL : https://roadtocinema.paris/le-prix-alice-guy-2024-est-decerne-a-kaouther-ben-hania Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-04-14 Véronique Le Bris la fondatrice de ce prix génial qui met à l’honneur la réalisatrice de l’année a décerné la semaine dernière à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice de « Les Filles d’Olfa », le Prix Alice Guy 2024. Véronique Le Bris la fondatrice de ce prix génial qui met à l’honneur la réalisatrice de l’année a décerné la semaine dernière à Kaouther Ben Hania, la réalisatrice de « Les Filles d’Olfa », le Prix Alice Guy 2024. ## La première Pionnière du cinéma, Alice Guy propose à Gaumont, chez qui elle est initialement secrétaire, de tourner de courtes fictions pour soutenir la vente des caméras et projecteurs. Avec « La Fée aux choux », qu’elle tourne en 1896, elle est la première réalisatrice de l’histoire du cinéma. ## La relève Kaouther Ben Hania étudie de 2002 à 2004 à l’École des arts et du cinéma de Tunis. Elle réalise durant cette formation plusieurs courts métrages, dont l’un, « La Brèche », est remarqué. En 2023, son nouveau film, « Les Filles d’Olfa », est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes. Il remporte le César du meilleur film documentaire lors de la cérémonie de 2024. En 2024, le Prix Alice Guy est décerné à Kaouther, le jury est cette édition est merveilleusement composé de l’actrice Ana Girardot, du réalisateur et scénariste Thomas Cailley, de la réalisatrice et scénariste – d’ailleurs lauréate de l’édition 2023 Alice Winocour, de l’autrice et scénariste Emilie Frèche, de l’acteur et réalisateur Samir Guesmi, et du critique de cinéma Nguyễn Trọng Bình. Quelle joie de les rencontrer tout à chacun. ## Notre entrevue --- # Stéphane Brizé réalise « Hors-saison » en salle depuis mercredi URL : https://roadtocinema.paris/stephane-brize-realise-hors-saison-en-salle-depuis-mercredi Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-03-24 Réalisateur, scénariste et acteur français, Stéphane Brizé vient tout juste de sortir son dernier film « Hors-saison », rendez-vous en salle obscure et en attendant retour sur notre rencontre au Paris Film Critics Awards. Réalisateur, scénariste et acteur français, Stéphane Brizé vient tout juste de sortir son dernier film « Hors-saison », rendez-vous en salle obscure et en attendant retour sur notre rencontre au Paris Film Critics Awards. ## Le pitch C’est aux côtés de Alba Rohrwacher géniale actrice italienne que l’on connaît au travers des films de Marco Bellochio, Luca Guadagnino, et de sa sœur Alice Rohrwacher notamment, Sharif Andoura et Marie Drucker que Guillaume Canet incarne Mathieu, le personne principal du film de Stéphane Brizé. Mathieu habite Paris, Alice vit dans une petite cité balnéaire dans l’ouest de la France. Il a la cinquantaine, c’est un acteur connu. Elle a dépassé la quarantaine, elle est professeure de piano. Ils se sont aimés il y a une quinzaine d’années. Puis séparés. Depuis, le temps est passé, chacun a suivi sa route et les plaies se sont refermées peu à peu. Quand Mathieu vient diluer sa mélancolie dans les bains à remous d’une thalasso, il retrouve Alice par hasard. La musique de Vincent Delerme accompagne si divinement cet ode à la tendresse. Bande annonce. Vincent Delerme à qui l’on doit, la bande originale de « La vie très privée de Monsieur Sim » de Michel Leclerc, de « Seize printemps » de Suzanne Lindon. Extrait de la bande son du film de Stéphane Brizé, juste pour vous. ## Notre rencontre --- # Pablo Pauly, rencontre avec le parrain de la Fête du Court-Métrage URL : https://roadtocinema.paris/pablo-pauly-rencontre-avec-le-parrain-de-la-fete-du-court-metrage Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2024-03-21 Voilà près d’une décennie que le visage souriant et malicieux de Pablo Pauly éclaire nos écrans de cinéma et de télévision. Après des débuts dans des séries comme En Passant Pécho ou Les Lascars, Grand Corps Malade lui confie le premier rôle de Patients en 2017. Révélé aux yeux du grand public, Pablo Pauly dessine […] Voilà près d’une décennie que le visage souriant et malicieux de Pablo Pauly éclaire nos écrans de cinéma et de télévision. Après des débuts dans des séries comme En Passant Pécho ou Les Lascars, Grand Corps Malade lui confie le premier rôle de Patients en 2017. Révélé aux yeux du grand public, Pablo Pauly dessine depuis une filmographie exigeante, ponctuée de rôles aussi comiques que dramatiques, mais résolument ancrée dans les grands troubles de notre époque. Son dernier film en date, A la Joie, une histoire d’amour au temps du Covid, en témoigne. ### Bonjour Pablo, tu succèdes à Bastien Bouillon dans le rôle de parrain de la Fête du Court-Métrage, comment tu vois ton rôle de parrain ? Je vais profiter de mon statut pour mater absolument tous les films (rires). L’intérêt du court-métrage, c’est qu’on ne va pas donner suffisamment d’argent pour faire un long métrage à un réalisateur qui débute, donc il faut passer par le court. Mais le prochain Paul Thomas Anderson existe là-dedans. Où est ce qu’il est ? Je ne sais pas encore, je ne l’ai pas encore vu, mais il est forcément là.Donc ça c’est chouette. Et surtout, j’espère pouvoir aider à la visibilité de cette belle fête ! ### Tu continues, même après avoir tourné de nombreux longs-métrages à tourner dans des courts-métrages. Qu’est ce qui te plait dans cet exercice ? Peut-être l’absence de pression financière dans le court-métrage. C’est compliqué à monter, mais en tant qu’acteur, c’est quand même très chouette de pouvoir essayer plein de différents styles de films, dans différents styles de cinéma. C’est un peu une façon d’essayer des choses qui peuvent sembler très loin de moi. > Il y a un petit côté école de théâtre qui me plaît beaucoup, où l’erreur est acceptée en fait, et peut-être même encouragée dans le court-métrage. Et ça, ça me plaît beaucoup. ### A t’entendre, il y a quelque chose d’artisanal voire d’expérimental dans le court-métrage. Tu as des souvenirs particuliers de tournage ? Parfois, on a une image un peu rock’n’roll de ces tournages qui sont plus à l’arrache. J’en ai fait un, Le Passage de la Nuit, de Julia Colin avec Rabah Nait Oufella. On tournait dans une station-service de nuit. Donc tout le tournage se faisait de nuit, au milieu de l’autoroute. Et ça, c’était très bizarre à faire. Le film était un petit peu spécial aussi, un film de genre. Ça c’était rock’n’roll. On en a fait un autre d’ailleurs qui participe à la fête du court-métrage qui s’appelle Duos, de Marion Defer, et ça, c’était fabuleux de pouvoir jouer deux personnages différents dans le même film. C’était nouveau pour moi mais vraiment très agréable. ### Est-ce que tu as un court-métrage culte, que tu aimerais partager à nos lecteurs ? Il y a Pixar qui faisait des courts-métrages avant la projection du long-métrage. Il y en a un qui s’appelle Borrowed Time, sur un père et un fils qui sont dans une calèche à l’époque des cow-boys. Et ça parle du temps qui passe et du fait qu’il faut apprécier le moment présent. Et je ne m’y attendais pas. Je me prends ça dans la tronche et je pleure. Mais c’est fantastique et c’est resté gravé dans ma mémoire. ### Par ailleurs, on peut découvrir en ce moment gratuitement sur la plateforme d’ARTE un film pour lequel tu as eu le prix d’interprétation masculine au festival de La Rochelle, A la Joie, de Jérome Bonnell. C’est une histoire d’amour contrariée, au temps du Covid. Qu’est ce qui t’a attiré ce projet ? De revenir sur cette période du confinement ? Moi j’ai vite mis la période du confinement à côté. C’était c’est la situation, c’est là où le film évolue, mais ce n’est pas le problème de Sam, mon personnage. Pour moi, c’est surtout une histoire d’amour. Le confinement nous permet narrativement d’appuyer un petit peu sur la peur de cette période, le côté anxiogène. Mais moi je n’ai pas voulu le prendre, parce que pour mon personnage, cette période, c’est une liberté à l’inverse du monde entier. Lui, il va rencontrer une nouvelle femme et il peut repartir à zéro. ### C’est vrai que c’est une belle histoire d’amour, on ressent une vraie alchimie entre toi et Amel Charif. Comment vous avez créé ça, ce naturel ? Vous avez eu de l’impro ? Je n’ai pas rajouté de scène ni rajouté de texte, mais Jérôme Bonnell et moi on a déjà travaillé ensemble… Il me connaît suffisamment bien pour comprendre que toute façon il n’a pas le choix, il sortira de ma bouche ce qui sortira et il me fait confiance. Donc ce n’est pas de l’impro au sens où je dois trouver plutôt quelque chose en plus. Et il me laissait vraiment faire et quand je partais un petit peu trop loin, il me ramenait sur terre. ### En revanche, il y a quelque chose qui a dû être moins spontané, ce sont les scènes de sexe. Comment vous avez géré cet aspect du tournage, avec l’équipe et surtout ta partenaire de jeu ? Je pense qu’il faut juste être humain et pas trop bête et parler avec son partenaire : parler de ce qui est possible. Où est la pudeur ? Où est ce que ça s’arrête ? Où est ce que ça commence ? Donc avec Amel, on a beaucoup discuté et je lui ai montré un film qui s’appelle Julie en Douze Chapitres, qui est merveilleux. Il y a des scènes de sexe dedans extrêmement crues, mais sans voyeurisme. On a cherché ça. Et du coup, une fois qu’on s’est dit les choses, on était plus fort ensemble. Les scènes, je trouve qu’elles se sont très bien passées, c’était pas du tout désagréable, alors qu’habituellement c’est quand même un exercice qui n’est pas dingue quoi. Se mettre tout nu devant 35 personnes et simuler l’acte sexuel, ce n’est pas la meilleure journée du tournage. Mais là, pour nous, c’était vraiment une scène comme une autre. Amel Charif (Véra) et Pablo Pauly (Sam) dans « A la joie » de Jérôme Bonnell ### Au final, en filigrane dans tes choix en tant que comédien, on ressent une envie d’aller vers des sujets du quotidien, des questions sociétales : le handicap avec Patients, la question du genre avec Trois Nuits par Semaine, ou encore avec A la Joie la santé mentale… > C’est très important pour moi d’aller fouiner dans l’humain. En fait, la comédie, c’est fabuleux à jouer, rythmiquement. Je prends un plaisir monstrueux à faire ça, mais j’ai plus de peur à faire des films dramatiques et la peur m’aide beaucoup à avancer, à expérimenter. Tu la mets devant toi, je crois qu’elle te freine énormément si tu la mets juste derrière toi. J’aime le cinéma de Cassavetes qui peut être extrêmement drôle et extrêmement puissant. C’est ça que je veux faire, c’est ça que j’aime. Donc allons explorer un peu tout ça. Le 3 avril sort mon prochain film, Et Plus si Affinités qui parle du temps qui passe dans un couple et de l’échangisme. Donc c’est une comédie considérée comme populaire, mais dans le sens noble du terme, c’est ce qui me plaît. > Je serais extrêmement triste de ne me cantonner qu’à du drame ou qu’à de la comédie. Il faut essayer plusieurs choses et c’est notre rôle en tant qu’acteur ! --- # Ella Rumpf, César pour « Le théorème de Marguerite » URL : https://roadtocinema.paris/ella-rumpf-cesar-pour-le-theoreme-de-marguerite Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-03-17 L’actrice franco-suisse de 29 ans est à l’affiche du film « Le Théorème de Marguerite » d’Anna Novion, présenté au Festival de Cannes 2023, pour lequel elle reçoit le César 2024 de la meilleure révélation féminine. L’actrice franco-suisse de 29 ans est à l’affiche du film « Le Théorème de Marguerite » d’Anna Novion, présenté au Festival de Cannes 2023, pour lequel elle reçoit le César 2024 de la meilleure révélation féminine. ## Le pitch L’avenir de Marguerite, brillante élève en Mathématiques à l’ENS, semble tout tracé. Seule fille de sa promo, elle termine une thèse qu’elle doit exposer devant un parterre de chercheurs. Le jour J, une erreur bouscule toutes ses certitudes et l’édifice s’effondre. Marguerite décide de tout quitter pour tout recommencer. ## Retour sur une carrière déjà riche Ella Rumpf fait ses armes entre la Suisse et l’Angleterre avec des premiers rôles importants, mais c’est en France son rôle dans le film d’horreur français « Grave » de Julia Ducournau, en tant que grande sœur de l’héroïne jouée par Garance Marillier, qu’elle se fait connaître d’un plus large public. Elle obtient le rôle-titre dans le film allemand « Tiger Girl » de Jakob Lass, elle y interprète une cheffe de bande berlinoise à la batte de baseball facile. Elle est avec Niels Schneider à l’affiche du film « Sympathie pour le diable » de Guillaume de Fontenay, dont le scénario est inspiré de l’expérience du correspondant de guerre Paul Marchand pendant le siège de Sarajevo. C’est sur grand écran mais aussi sur petit écran qu’Ella évolue. En 2019, elle tourne dans « Freud », la nouvelle série allemande de Netflix, réalisée par Marvin Kren. En 2022, elle est présente aux côtés d’Ansel Elgort et Rachel Keller dans la série « Tokyo Vice ». ## Notre interview C’est à l’occasion du Paris Film Critics Awards il y a quelques semaines que nous avons pu échanger avec Ella, voici l’interview. --- # Kaouter Ben Hania et ses filles d’Olfa URL : https://roadtocinema.paris/kaouter-ben-hania-et-les-filles-dolfa Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-03-10 Rencontre avec Kaouter Ben Hania réalisatrice et scénariste tunisienne dont le génial film documentaire franco-tuniso-germano-saoudien « Les filles d’Olfa » est sorti courant 2023 et rafle ces derniers mois tous les prix. Rencontre avec Kaouter Ben Hania réalisatrice et scénariste tunisienne dont le génial film documentaire franco-tuniso-germano-saoudien « Les filles d’Olfa » est sorti courant 2023 et rafle ces derniers mois tous les prix. ## Accueil critique et public Le film reçoit un accueil public exceptionnel mais aussi un accueil critique. Avec notamment et pas des moindres l’Oeil d’Or du Festival de Cannes 2023, le Meilleur film international du Festival du Film de Munich 2023 et bien sûr le César 2024 du Meilleur Film Documentaire. Dans quelques heures (entre minuit et 3 heures du matin heures françaises) nous saurons si le film reçoit l’Oscar 2024 du Meilleur Film Documentaire, parce que OUI le film est en lice, rien que ça, on est si heureuses et fières pour Kaouter que son film soit présent aux Oscars, ce après Cannes, Paris, Munich – d’autant que c’est amplement mérité. D’ailleurs, rendez-vous au Prix Alice Guy 2024 dans quelques jours qui lui reviendra, le seul prix à récompenser la réalisatrice de l’année. ## Notre rencontre Merci à Kaouter pour sa générosité, pour à Sam Bobino pour sa confiance renouvelée, nous avons adoré rencontrer les lauréats de cette nouvelle édition du Paris Film Critics Awards. --- # Un montage by Laurent Sénéchal en course pour les Oscars URL : https://roadtocinema.paris/un-montage-by-laurent-senechal-en-course-pour-les-oscars Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-03-03 Laurent Sénéchal est le monteur du génial et multi récompensé film de Justine Triet « Anatomie d’une chute » qui après 11 nominations aux César en remporte 6 et qui est maintenant en route pour les Oscars. Laurent Sénéchal est le monteur du génial et multi récompensé film de Justine Triet « Anatomie d’une chute » qui après 11 nominations aux César en remporte 6 et qui est maintenant en route pour les Oscars. ## 24 images par seconde Il est le monter notamment des superbes « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle » d’Arthur Harari, « Sybil » de Justine Triet, « C’est ça l’amour » de Claire Burger, « Victoria » de Justine Triet, « Diamand noir » d’Arthur Harari. ## Notre rencontre --- # Raphaël Quenard et Jean-Baptiste Durand présentent « Chien de la casse » URL : https://roadtocinema.paris/raphael-quenard-et-jean-baptiste-durand-presentent-chien-de-la-casse Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-02-25 « Chien de la casse » a remporté deux César vendredi soir dernier, celui du Meilleur Premier Film pour Jean-Baptiste Durand et celui de la Révélation Masculine pour Raphaël Quenard, et nous sommes ravies, le Paris Films Critics Awards donnait le ton avec déjà un prix chacun ce soir-là. Rencontre. « Chien de la casse » a remporté deux César vendredi soir dernier, celui du Meilleur Premier Film pour Jean-Baptiste Durand et celui de la Révélation Masculine pour Raphaël Quenard, et nous sommes ravies, le Paris Films Critics Awards donnait le ton avec déjà un prix chacun ce soir-là. Rencontre. ## La récompense du travail Sorti en avril 2023, « Chien de la casse » rassemble à l’écran Anthony Bajon, Galatea Bellugi et Raphaël Quenard, tous trois nommés aux César 2024. ## Le pitch Dog et Mirales sont amis d’enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l’habitude de taquiner Dog plus que de raison. Leur amitié va être mise à mal par l’arrivée au village d’une jeune fille, Elsa, avec qui Dog va vivre une histoire d’amour. Rongé par la jalousie, Mirales va devoir se défaire de son passé pour pouvoir grandir, et trouver sa place. ## Le public et la presse enchantés À l’occasion du Paris Film Critics Awards nous avons rencontré le réalisateur et l’interprète principal du film, Jean-Baptiste Durand et Raphaël Quenard, bienheureux de recevoir ce jour-là respectivement les prix de Best First Film 2024 et Best Young Actor 2024. Salué par la critique et chaudement recommandé par son public, le succès du film s’est confirmé vendredi dernier alors que prenait place à l’Olympiales César 2024, soirée durant laquelle tous deux ont reçu une statuette, celle du Meilleur Premier Film pour Jean-Baptiste Durand et celle de la Révélation Masculine pour Raphaël Quenard, méritées. Lors de la cérémonie, le discours de Raphaël Quenard nous rappelle une chose importante :“nos vies sont jalonnées de souffrance et de chagrin, mais la plus terrible d’entre elles, c’est de nous voir tous les jours nous acharner à étouffer le petit enfant qui est en nous », laissons-le vivre, laissons-le respirer, s’épanouir, seul lui sait. Cela pourrait alors être le meilleur des conseils à nous jeunes et moins jeunes, artistes, interprètes, créatrices et créateurs, croyez en vous, battez-vous pour vos rêves, ils sont grands, ils sont là, à porter de main. ## Notre rencontre Nous tenions à remercier Sam Bobino pour sa confiance renouvelée, nous avons adoré rencontrer les lauréats de cette nouvelle édition du Paris Film Critics Awards 2024, parmi lesquels Raphaël Quenard et Jean-Baptiste Durand pour « Chien de la casse », Kaouther Ben Hania – la merveilleuse réalisatrice de « Les Filles d’Olfa », Laurent Sénéchal pour « Anatomie d’une chute« , leurs interviews arrivent dans les jours qui viennent le temps de trouver une place à leur César remporté vendredi soir. En attendant, notre rencontre avec Thierry Delettre, le chef costumier de « Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan » & « Les Trois Mousquetaires : Milady » est d’ores et déjà à retrouver ci-dessous. --- # Thierry Delettre : chef costumier du cinéma français URL : https://roadtocinema.paris/thierry-delettre-chef-costumier-du-cinema-francais Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-02-20 Thierry Delettre, un chef costumier, costumier et producteur français, a laissé sa marque dans l’industrie cinématographique. Filmographie Notre rencontre Thierry Delettre, un chef costumier, costumier et producteur français, a laissé sa marque dans l’industrie cinématographique. ## Filmographie Les Trois Mousquetaires: D’Artagnan (2023): Un film dans lequel il a travaillé en tant que chef costumier. Eiffel (2021): Un autre projet où il a contribué à la conception des costumes. Les Vétos (2020): Une réalisation à laquelle il a apporté son expertise. Duelles (2019): Thierry a joué un rôle clé dans la création des costumes pour ce film. Edmond (2019): Son talent a également brillé dans ce projet. Christ (off) (2018): Une autre réalisation à son actif. L’Incroyable histoire du Facteur Cheval (2019): Un film qui a bénéficié de son savoir-faire. Le Dernier Voyage de l’énigmatique Paul W.R. (2022): Encore un film où il a laissé sa marque. ## Notre rencontre --- # Paris Film Critics Awards 2024 : les journalistes parisiens célèbrent le cinéma  URL : https://roadtocinema.paris/paris-film-critics-awards-2024-les-journalistes-parisiens-celebrent-le-cinema Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2024-02-11 Dimanche 4 février, les journalistes et critiques de cinéma de la capitale se sont retrouvés à l’occasion de la troisième cérémonie des Paris Film Critics Awards au Silencio des Prés à Paris Dimanche 4 février, les journalistes et critiques de cinéma de la capitale se sont retrouvés à l’occasion de la troisième cérémonie des Paris Film Critics Awards au Silencio des Prés à Paris Créés par Sam Bobino et inspiré des New York Film Critics Circle Awards ou des Los Angeles Film Critics Association Awards, l’Académie des Paris Film Critics Awards récompensent, depuis maintenant 3 ans, les meilleurs films, français comme internationaux, sortis en salle en France durant l’année 2023 ou sur les plateformes, ainsi que les meilleures séries. Cette année, l’acteur Vincent Lindon était convié pour recevoir le Prix d’Honneur afin de récompenser ses 40 ans de carrière. ## Découvrez les réactions des lauréats de cette année ## PALMARÈS DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2024 MEILLEUR FILM Anatomie d’une chute Justine Triet, produit par Marie-Ange Luciani, David Thion & Philippe Martin MEILLEUR RÉALISATEUR Damien Chazelle Babylon MEILLEURE ACTRICE Sandra Hüller Anatomie d’une chute MEILLEUR ACTEUR Arieh Worthalter Le Procès Goldman MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE Adèle Exarchopoulos Je verrai toujours vos visages MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE Brad Pitt Babylon MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE Ella Rumpf Le Théorème de Marguerite MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE Raphaël Quenard Chien de la Casse MEILLEUR SCÉNARIO Justine Triet & Arthur Harari Anatomie d’une chute MEILLEUR ADAPTATION Eric Roth, Martin Scorsese Killers of the Flower Moon MEILLEURE PHOTOGRAPHIE Hoyte van Hoytema Oppenheimer MEILLEUR MONTAGE Laurent Sénéchal Anatomie d’une chute MEILLEURE MUSIQUE Justin Hurwitz Babylon MEILLEURS DÉCORS Florencia Martin Babylon MEILLEURS COSTUMES Thierry Delettre Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan MEILLEUR PREMIER FILM Chien de la casse Jean-Baptiste Durand MEILLEUR FILM D’ANIMATION Mars Express Jérémie Périn produit par Didier Creste & Gaëlle Bayssière MEILLEUR DOCUMENTAIRE Les Filles d’Olfa Kaouther Ben Hania produit par Nadim Cheikhrouha MEILLEURE SÉRIE TV (OU MINI-SÉRIE) D’argent et de sang Xavier Giannoli produit par Olivier Delbosc PRIX D’HONNEUR Vincent Lindon PRIX POUR L’ENSEMBLE D’UNE CARRIÈRE Jerry Schatzberg PRIX DE LA CONTRIBUTION EXCEPTIONNELLE AU CINÉMA Michel Ciment PRIX DE LA MEILLEURE CONTRIBUTION À L’ART DU CINÉMA Warner Bros. --- # Découvrez Baya Kasmi, une réalisatrice engagée pour l’égalité et la diversité URL : https://roadtocinema.paris/decouvrez-baya-kasmi-une-realisatrice-engagee-pour-legalite-et-la-diversite Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-09-03 Baya Kasmi est une réalisatrice et scénariste française dont le travail audacieux et engagé lui a valu une place de choix dans le paysage cinématographique français. Née à Paris le 22 septembre 1979, d’origine algérienne et tunisienne, elle explore à travers ses films des thèmes tels que l’immigration, l’identité et la place des femmes dans […] Baya Kasmi est une réalisatrice et scénariste française dont le travail audacieux et engagé lui a valu une place de choix dans le paysage cinématographique français. Née à Paris le 22 septembre 1979, d’origine algérienne et tunisienne, elle explore à travers ses films des thèmes tels que l’immigration, l’identité et la place des femmes dans la société. A travers notre interview, nous vous invitons à découvrir les éléments clés qui vous permettront de mieux comprendre son parcours et sa contribution au monde du cinéma. ## Le début prometteur Baya Kasmi a fait ses débuts dans le monde du cinéma en 2010 avec son premier court-métrage intitulé J’aurais pu être une pute. Cette œuvre remarquable a été chaleureusement accueillie par la critique et a remporté plusieurs prix, annonçant ainsi le talent prometteur de la réalisatrice. ## Un regard critique et engagé Baya Kasmi aborde des sujets sensibles dans ses films avec un ton humoristique et un regard critique. Elle utilise le cinéma comme un moyen de faire passer des messages forts sur des questions sociales et culturelles. Son deuxième long-métrage, Cherchez la femme (2017), explore le thème de l’islamophobie en France. Ce film raconte l’histoire d’un couple mixte confronté à des préjugés et à des quiproquos, mettant en lumière les défis de l’intégration et de l’acceptation mutuelle. ## La reconnaissance de son talent Les films de Baya Kasmi ont été sélectionnés et primés dans plusieurs festivals, témoignant ainsi de la qualité de son travail et de sa vision artistique. Son engagement pour les droits des femmes et son exploration de la diversité culturelle lui ont valu une reconnaissance critique bien méritée. ## Une inspiration du cinéma social français Le travail de Baya Kasmi s’inscrit dans la lignée du cinéma social français, avec une approche contemporaine et un regard spécifique sur les enjeux de la société multiculturelle. Ses films nous offrent un portrait réaliste de la jeunesse contemporaine, explorant des thèmes tels que l’identité, l’amour et l’émancipation. ## Notre rencontre --- # “Anatomie d’une Chute” par Justine Triet : travail chirurgical, intimité d’un couple au scalpel URL : https://roadtocinema.paris/anatomie-dune-chute-par-justine-triet-travail-chirurgical-intimite-dun-couple-au-scalpel Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-08-23 Revenues du tumultueux Festival de Cannes, nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer Justine Triet et son jeune acteur Milo Machado Graner. Aussi généreuse que dynamique, Justine nous livre avec humour et précision une foule d’anecdotes sur les coulisses d’Anatomie d’une Chute. Elle nous livre une vision unique de la direction d’acteurs : au-delà de […] Revenues du tumultueux Festival de Cannes, nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer Justine Triet et son jeune acteur Milo Machado Graner. Aussi généreuse que dynamique, Justine nous livre avec humour et précision une foule d’anecdotes sur les coulisses d’Anatomie d’une Chute. Elle nous livre une vision unique de la direction d’acteurs : au-delà de l’exigence corporelle, elle met l’accent sur la quête de l’authenticité émotionnelle “en cherchant l’état”. Des capacités de métamorphoses de Sandra Hüller, de la violence de la mise en scène judiciaire, des vérités inaccessibles et juxtaposées, on passe tout au crible, même la question du rapport réalisatrice-acteur…chien. Voici de quoi vous immerger dans la Palme d’Or 2023… Let’s go ! ### Bonjour Justine, bonjour Milo, c’est un grand plaisir pour nous de pouvoir échanger avec vous, nous avons été subjuguées par votre film. Merci et bravo. Justine : Non, mais merci à vous ! C’est chouette, merci beaucoup. ### Est-ce que cela vous dirait de commencer par le commencement ? De quelle idée, de quelle envie naît votre film, Anatomie d’une Chute ? Justine : Au tout début, je savais que je voulais faire un film de procès, mais je ne trouvais pas l’axe, l’angle par lequel l’aborder. Je savais aussi que je voulais parler du couple d’une autre façon. En fait, c’était le procès comme prétexte à parler du couple et de la famille. Le moment d’accroche, c’est-à-dire le moment où j’ai su qu’il y avait un film et que j’allais m’engouffrer dedans, c’est le moment où je me suis dit que l’enfant, Daniel, joué par Milo, serait au centre de la machine judiciaire. Il assistera à tout le procès de ses parents. Peut-être même que dans une certaine mesure il aura une responsabilité sur le verdict final. Voilà, ça, c’était l’axe de départ. ### Oui, parlons du rôle de Daniel qui est époustouflant. C’est un rôle complexe à de nombreux égards. Notamment parce qu’on arrache ce petit garçon à l’enfance en lui imposant des aspects sordides de l’intimité de ses parents. Il devient un témoin essentiel dans l’affaire qui oppose sa mère accusée à son père décédé. Justine, comment avez-vous déniché Milo ? Et surtout comment avez-vous dirigé ce jeune acteur pour qu’il exprime toute la subtilité de ce personnage clef ? Justine : En fait, j’ai fait un casting de malvoyants pendant quatre mois. Avec ma Directrice de Casting, qui connaissait très bien le sujet, nous avons été dans quatre ou cinq pays en Europe. Nous avons balisé énormément de centres spécialisés. Finalement, nous n’avons pas trouvé l’acteur. J’avais trouvé un enfant qui m’intéressait, mais trop fragile au jeu. Ça a été une énorme déception, car je ne voulais vraiment pas jouer cette malvoyance. Je voulais qu’elle soit vraie et naturelle. Il a fallu faire le deuil de ça. Finalement, on a ouvert aux voyants, puis on a fini par trouver Milo, qui est tombé du ciel ! Après ça a été un binôme entre Milo et Cynthia. Elle est coach d’acteur et travaillait également avec Milo indépendamment du tournage. Milo : Oui, j’ai passé beaucoup de temps avec Cynthia, et aussi Laura Martin, l’éleveuse de mon chien dans le film. Avec Cynthia, on a beaucoup travaillé à jouer la malvoyance. On a regardé beaucoup de documentaires, on a visité plein d’académies. Julie voulait une malvoyance assez subtile donc de mai à octobre j’ai préparé ma posture. Justine : Oui, Cynthia a été d’une aide précieuse. En tant que real, c’est faux qu’on arrive à dégager le temps pour préparer en amont le jeu avec les acteurs. Souvent on ne prend pas ce temps-là. Alors on arrive sur le plateau, on est perdus, et parfois on n’arrive pas à rattraper ce temps perdu. Donc grâce à cette formule, Milo est arrivé sur le plateau, très très préparé. Il était très doué pour le piano, donc on a eu beaucoup de chance aussi. Après on a cherché l’”état”, et ça, ça a vraiment été quelque chose d’important. Milo : “Oui, Justine n’arrêtait pas de me dire “il faut trouver l’état, il faut trouver l’état” (rire). Justine : c’est-à-dire qu’un enfant n’a pas forcément vécu le deuil, donc comment est-ce qu’on cherche cet état émotionnel ? L’idée c’est évidemment de ne pas le mimer, mais de le trouver, de le ressentir. ### Pour “trouver l’état”, vous avez donc travaillé à activer la palette émotionnelle de Milo ? Justine : Oui, c’est ça. Les enfants ont tout en eux, en fait. Il faut juste aller trouver le chemin. Cynthia a aussi fait beaucoup de recherches à ce propos, et plus spécifiquement sur la direction d’enfants acteurs. Notamment sur le cinéma de Jacques Doillon, qui a beaucoup filmé les enfants, avec Ponette en 1996 par exemple. Il y a un documentaire sur Ponette en particulier qui a passionné Cynthia. Dans ce documentaire on se rend compte que les enfants, même quand ils n’ont pas vécu les choses, sont capables de les projeter. Par exemple, ils pensent à leur animal préféré pour activer une émotion. Si on se braque, si on insiste pour vouloir faire imaginer une situation qui n’a jamais eu lieu, et par ailleurs assez sordide, on se trompe d’endroit. Un enfant n’a pas besoin de penser à son père mort pour trouver l’état d’un enfant qui vient de perdre son père. Milo : Cynthia m’a aidée à “trouver le chemin”, c’est aussi une expression qu’utilise Justine. J’essayais d’exécuter au mieux ce qu’on me demandait, sans comprendre précisément parfois (rire). Je savais juste que “je doutais de ma mère”. D’ailleurs, c’est intéressant, car quand j’ai vu le film, j’ai découvert plein d’autres aspects. Justine : On a aussi eu beaucoup de chance avec MIlo. Tout le monde me disait : “mais personne n’arrivera jamais à dire les mots que tu as écrits, aucun enfant ne parle comme ça.” Et moi je répondais : “ bah si, moi j’ai une fille qui parle comme ça” (rire). Lui, Milo a eu une incroyable intelligence, une vivacité dans l’absorption de ce qu’on lui disait. On a tous été très impressionnés. Pour la petite histoire j’ai travaillé avec un ingénieur du son qui a participé au tournage de Jusqu’à la Garde, avec cet acteur incroyable..Et un jour il vient me voir, presque en pleurs, et il me dit : “ je crois que je n’ai quasiment jamais vu ça, un tel niveau d’implication, à part avec l’enfant de Jusqu’à la Garde”. Pour avoir beaucoup travaillé avec des enfants, sur le tournage, le côté “mignon” peut rentrer en jeu et c’est quelque chose qui peut me scier les nerfs. En tant que spectateur, on s’en fiche d’avoir un enfant qui soit mignon à l’écran, surtout quand il assiste à des choses aussi violentes. ### À ce propos, même si le film est traversé par des moments d’éclaircies, c’est un film sombre, à moi il m’a même paru douloureux. Comment fait-on pour “trouver l’état” émotionnel d’un rôle si bouleversant, tout en protégeant l’intégrité émotionnelle d’un acteur enfant ? Justine : Là aussi, le rôle de Cynthia est essentiel. C’est un luxe en France. C’est un poste de plus à payer, donc souvent les producteurs n’en ont pas forcément envie, mais Cynthia a été très précieuse sur plein d’aspects, dont celui-ci. Un jeune enfant de 13 ans, sur un plateau, sur autant de jours… c’est notre responsabilité de faire extrêmement attention à lui. De le protéger, en effet, et en même temps d’avoir les armes pour pouvoir travailler ensemble. C’est vrai que le film est quand même assez sombre…en plus j’ai commencé, c’était la guerre en Ukraine, on sortait à peine du Covid, on avait des masques, on transpirait, un enfer ! Sauf qu’il y avait tellement de désir, d’envie d’être là de la part de tout le monde…Ce n’est que mon 4e film, mais j’ai rarement eu un tournage aussi parfait. Au point d’en être étonnant … Le plaisir à être là était sûrement aussi dû au fait qu’on avait vécu un enfermement pendant très longtemps. Sur ce tournage on a vécu plein de choses joyeuses, et très drôles. Milo : puis il y avait le chien aussi ! Justine : Ah oui, ça a été le doudou de Milo, et même, il y a eu un amour de ce chien sur le tournage…c’était fou, c’était la mascotte. (rires) ### Alors, comment on cast un chien ? Comment on trouve le bon chien ? Alors, il faut savoir que le chien a travaillé avec Laura Martin, sa maîtresse, qui était vraiment extraordinaire. Souvent au cinéma on fait appel à des grosses structures qui sont très chères, ils nous vendent monts et merveilles avant le tournage : “mon chien sait faire ci, ca, ca, sauter, etc.”, puis, sur le tournage…c’est toujours l’enfer. Le discours change : “Ce n’est qu’un animal, Madame !” (rire). Sur Victoria, j’avais travaillé avec une grosse entreprise, c’était bien, mais c’était beaucoup plus inquiétant…et puis beaucoup plus cher (rire). Là, je savais que je ne voulais pas fonctionner avec une grosse entreprise. Je voulais travailler avec une personne qui connaissait par coeur ses animaux et qui ne les surexploitait pas. On a vraiment eu un rapport en direct, beaucoup plus artisanal, beaucoup plus beau. Elle s’est donnée à 400%, elle a été très généreuse. Ça a été une nouvelle expérience pour moi. ### Le questionnement du rapport entre Nature et Culture est important aujourd’hui et le cinéma n’y coupe pas. Vous parliez d’”état”, dans la grande majorité des films, pour reprendre un terme philosophique appliqué aujourd’hui à l’Anthropologie de la Nature, les animaux n’ont pas “d’éthos”. C’est-à-dire, qu’ils n’ont n’ont pas de rôles pour eux-mêmes, dans le respect de leurs interactions naturelles et intrinsèques. Dans votre précédent film, Victoria, il y a plusieurs animaux et ils ont un rôle déterminant, comme c’est le cas dans Anatomie d’une Chute. ### Comment abordez-vous la relation réalisatrice-acteur animal ? Ce sont des questions passionnantes aujourd’hui, des questions terriblement contemporaines et le cinéma n’y échappe pas : comment traite-t-on les animaux ? Donc comment les filme-t-on ? Le chien est un personnage à part entière et très important. Donc je pense que je n’ai jamais autant filmé un animal comme un personnage que dans ce film. D’ailleurs, je l’ai filmé à hauteur de chien, donc pas comme un faire-valoir de l’homme, en effet. C’est à la fois le fantôme de Samuel, mais c’est aussi la prolongation de Milo. Milo qui voit très mal. En opposition, le chien peut tout voir, mais il ne peut pas parler notre langage. Donc il y avait toute cette idée que le chien était celui qui, finalement, avait été témoin. Le seul témoin possible. D’ailleurs il est au centre du témoignage de Daniel. ### Vous vous servez donc de son éthos, son rapport naturel à l’autre pour faire passer des messages et avancer dans le récit ? Oui, pour la petite histoire, quand on écrivait le scénario, mon coscénariste et moi même, sur le moment particulier de la découverte du corps, on avait l’impression d’écrire la 500e scène de découverte de corps… et on s’est dit : “Et si on le filmait par le chien ?”. Ça a tout changé. Par définition, naturellement, un chien, quand il arrive sur une scène de crime, il ne s’arrête pas choqué à regarder de loin. Il va directement là où est le corps et il interagit avec. Dans cette scène, le son indique cette atmosphère de scène de crime classique, de gendarmes, etc., mais finalement, c’est ce chien que l’on suit qui va nous amener jusqu’à notre personnage principal, Sandra. C’est aussi toutes ces idées autour du chien qui nous ont stimulés à l’écriture et qui ont aussi fait qu’on a raconté notre film de procès, et pas un autre. ### Il y a des similitudes avec ce qui se passe dans Victoria : là aussi, la découverte du drame pour la protagoniste, jouée par Virginie Efira, et pour le spectateur, se fait par le biais d’une réaction naturelle du chien. Ce n’est pas la seule similitude. Dans votre précédent film, vous vous attaquez aussi à questionner l’intrication entre les sphères privées et publiques à travers le motif du procès. De quelle manière avez-vous abordé cette problématique intime/publique cette fois-ci ? Oui, ça fait partie des obsessions que j’ai eues sur tous mes films, dont La Bataille de Solférino et Victoria. Cette envie de vouloir retravailler sur l’intime. L’intime qui arrive dans la sphère publique, la sphère publique qui commande l’intime, mais là, peut-être encore de manière plus exhaustive. Je savais que je voulais faire un film de procès plus long, prendre plus mon temps. J’avais vu beaucoup de procès qui me passionnaient. J’en avais vu moins sur le rapport de tension entre une mère et son fils. Au départ, il y a cette confiance absolue, puis la confiance s’effrite. Au fur et à mesure, cet enfant se retrouve à assister à des choses qui ne sont pas faites pour des enfants et sa vie privée à lui aussi est jetée dans l’espace public. Par ailleurs, aujourd’hui, je pense qu’on ne peut pas faire trop les naïfs. Le robinet à fictions est tellement énorme entre toutes les plateformes… Je me suis dit : “je ne peux pas faire un film bien ficelé d’une heure et demie sur une petite histoire.” Je voulais vraiment rentrer dans le vortex de cette histoire d’amour qui ne finit pas très bien. Et questionner ce couple, ce couple avec cet enfant et le couple en général. ### Votre film donne cette impression de précision chirurgicale, motif très cohérent avec le thème de la dissection d’un couple. C’est une atmosphère très différente de vos films précédents. Votre travail d’écriture a-t-il été différent ? L’écriture a été très maîtrisée. Je pense qu’il y a tellement de films de procès qui existent, qu’on était obligés de beaucoup plus décider en amont, au moment de l’écriture de ce qu’on voulait faire formellement. Je me suis beaucoup moins posé ces questions-là pour Victoria. ### Les dialogues du film sont particulièrement incisifs. Du côté de la cour, ils sont si glaçants et si aberrants qu’ils en déclenchent parfois le rire. La violence naît aussi de l’absurdité du ton judiciaire face à une famille en deuil. Comment avez-vous travaillé autour de ces langages contrastants ? C’est vrai que je n’ai jamais fait un film autant sur le langage. La langue est centrale dans mon film, aussi parce que c’est le terrain de rencontre de ces deux personnages du couple. L’une est allemande, l’autre est français, et ils se parlent en anglais. C’est à la fois, l’endroit où on essaie de trouver un terrain d’entente, de se comprendre, et c’est aussi l’endroit de l’incompréhension, de la bagarre, du combat. Alors il y a le combat, on va dire, plus pulsionnel à la maison, qui est le combat intime, mais il y a aussi le combat civilisé, celui-ci au tribunal. Il n’est pas moins violent, il a l’air plus contrôlé, avec des mots plus policés, mais en fait, c’est aussi un endroit jugeant, un endroit où on se trompe, et qui ne fait pas forcément surgir la vérité. L’espace du tribunal, c’est aussi un endroit où on s’approprie nos vies, où on délire sur nos vies. On est dépossédés de notre vécu. C’est extrêmement violent pour les personnages de Sandra et de Daniel. Je pense que comme les membres de la cour sont en manque d’éléments, ils vont voir à côté. Ils vont aller avoir un jugement moral sur cette femme. Sur sa sexualité, sur ce qu’elle fait, sur son travail d’autrice, sur sa manière de vivre, etc. C’est une femme qui a l’air d’être assez ferme dans ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas aussi. Est-ce qu’elle serait condamnable aussi pour ces questions-là ? Est-ce que le point de vue sur sa manière de vivre pourrait prendre le pas sur les raisons factuelles qui sont examinées dans le cadre du procès ? Je trouve tout cela passionnant. ### Dans le cadre judiciaire, vous parliez de désappropriation de sa propre intimité. Chacun et chacune, les avocates, les experts, s’emparent de leur histoire et la distordent. Dans son rôle chacun et chacune impose son angle au détriment de la vérité. La violence judiciaire pour Sandra et Daniel ne vient-elle pas aussi de ce côté mise en scène ? Oui, totalement. D’ailleurs l’avocat lui dit : “Nan, mais Sandram je m’en fous de la vérité, ce qui compte c’est ce que l’on va raconter” et là, la fiction commence. C’est presque l’histoire d’un storytelling de romans ou de scénario ce film. C’est ça que je trouve à la fois passionnant et flippant dans la justice : les vérités sont juxtaposées, celle de la partie à charge, celle de la défense. Je pense que la vérité, si elle existe, se passe ailleurs. Des fois, au cours de procès, il y a la vérité qui surgit et c’est incroyable, ça arrive, évidemment. D’ailleurs, je ne dis pas que toutes les affaires sont impossibles à juger. Je dis que moi, en tant que cinéaste, ce qui m’intéresse c’est d’aller fouiller dans cette zone trouble là. D’ailleurs en tant que femme réalisatrice, je pense que j’ai besoin de m’approprier le récit de la violence d’une autre façon. Je préfère figurer cette zone trouble, plutôt que d’aller représenter un énième meurtre de femme. Ce qui a été énormément fait dans le cinéma masculin. La femme a été représentée pendant des dizaines et des dizaines d’années comme un objet qu’on viole, qu’on dissèque. J’ai essayé de ne pas rajouter un récit à ça. ### Le trouble est présent dès la première scène. Pourquoi avez-vous choisi comme point de départ du film une scène d’interview baignée de malaise ? Quelle était votre intention en créant cette atmosphère dès le départ ? Le film globalement est un questionnaire. En fait, tout le film se fonde sur le manque. C’est-à-dire qu’au début on rentre dans le film comme une petite souris, on atterrit dans une scène qu’on ne comprend pas. D’un coup il y a ce type, qu’on ne reverra jamais. Il met la musique hyper forte et qui coupe cette discussion entre ces deux femmes…moi je pense que c’est ça le couple. C’est un mystère, un endroit qui peut paraître abscons et chaotique pour l’étranger qui s’y immiscerait. Et voilà, pour les 2h30 qui suivent, on essaie de comprendre ce que c’est que ces deux gens-là. Le langage est là pour ça, et malheureusement le langage ne débouche pas toujours sur quelque chose de parfait. ### Ce manque a-t-il à faire avec la cécité de l’enfant, Daniel, dans votre récit ? Oui, pour moi Daniel malvoyant incarne l’idée de cette zone de manque. Je trouvais ça super intéressant qu’il y ait une blessure entre ces deux personnes, au sein du couple. Cette blessure, c’est l’accident de Daniel. Ils ne l’ont jamais digéré. Ce n’est pas l’histoire d’une bourgeoise qui papillonnerait, c’est quelqu’un qui a dû affronter un grand drame. Ils ont réellement vécu un enfer, ils portent cette chose-là entre eux et elle ressurgira au procès. De manière plus large, j’aime cette zone où on ne saura pas tout, et le personnage de Daniel avec sa malvoyance incarne bien ça. ### D’ailleurs, vers le milieu du film, il y a cette scène de dispute bouleversante qui ajoute encore à cette question de l’interprétation, de la zone de manque. Comment a-t-elle été écrite et tournée ? J’ai hésité avec cette scène. C’est une scène qui a provoqué beaucoup de discussions à l’écriture, beaucoup d’inquiétudes au tournage. À l’écriture, je n’étais pas sûre de vouloir montrer ces images de leur intimité de couple. Seulement c’était difficile de faire autrement du fait du format. Surtout, beaucoup de personnes m’ont dit “ comment tu vas t’attacher assez à Samuel, le père, si tu ne le vois pas du tout du film ? ». Je pense maintenant que c’était important de donner ça au spectateur et à ce moment-là. Pour le tournage, on a fait beaucoup de prises, on a tourné ça en 2 journées. Ça a probablement été l’une des scènes les plus puissantes qu’on a eu à tourner. Le chef opérateur était en pleurs pendant bien 4 ou 5 prises. Il avait Sandra très proche et c’est quelqu’un dont on ne se rend pas compte qu’elle joue quand elle joue. Ça va très loin : sa peau se transforme, le sang lui monte… Lors de la dernière journée de tournage de cette scène particulière, elle m’a dit : “je ne pourrai pas faire plus de 5-6 prises, tellement je vais être dans un état spécial”, et c’était vrai. Elle faisait attention à garder son état entre les prises, pour ne pas le perdre et s’endormir. Les dernières prises allaient finalement trop dans la violence pour mon propos. C’était intéressant, puisqu’en fait, un tournage, c’est toujours à chercher. C’est au montage qu’on choisit. Il y a en quelque sorte un teaser de cette scène au sein du film, donc la déception aurait pu être grande, mais finalement j’ai tellement aimé cette scène, tellement aimé ce qu’ils ont fait. ### Oui c’est vrai que dans cette scène particulièrement, même tout au long du film, Sandra est époustouflante. Comment avez-vous travaillé avec elle ce jeu fort et subtil à la fois ? Traditionnellement, c’est une comédienne de théâtre en Allemagne. Elle travaille tous les jours, elle joue Hamlet tous les soirs pendant 3h…donc elle a une connaissance de son corps et de ses émotions exceptionnelle. C’est quelqu’un qui en 2 secondes et demie peut se mettre dans des états de dingue. Classiquement, j’arrive à trouver des états un peu exceptionnels au bout de 7-8 prises. Elle, elle arrive, et dès la première prise, elle est incroyable. Tous les techniciens français étaient bouche bée. Évidemment, il y a des moments où on n’est pas d’accord, alors on cherche, mais la base est déjà là et c’est un luxe total. Avec Sandra ce qu’on a essayé d’éviter c’est le côté “performance d’actrice”. C’est-à-dire que Sandra a une technique très forte, mais aussi très précise, avec un “catalogue” de pleurs à disposition par exemple. C’est chouette, mais il faut aussi dépasser ça, car si on reste là dedans ça devient bionique. Pour la scène de la voiture par exemple, je lui ai demandé de pleurer comme quelqu’un qui n’a pas pu exprimer ses émotions depuis 2 ans. Elle a fait une impro qui m’a fait pleurer, et c’est rare que je pleure sur un tournage. J’ai pleuré deux fois. Une fois avec le petit. Pendant la scène où il explose en pleurant, parce que j’ai senti qu’il avait grandi, j’ai senti son évolution. Ça, c’est très fort quand on se rend compte à propos d’un enfant qu’on a connu à un moment donné, qu’il a pris un an entre le moment où on l’a rencontré et maintenant. Que pendant ce temps là, il s’est transformé sous nos yeux Ce duo vacillant, en péril mère/fils est très réussi aussi. Je trouve que le duo Sanda-Milo a créé quelque chose de tellement fusionnel. Ils ne se ressemblent pas tant que ça, pourtant, au bout d’un an, parfois j’avais l’impression qu’ils se ressemblaient…c’est très étrange. Il y a eu une vraie rencontre. ### Pour finir par une question classique, est-ce qu’il y a un auteur ou un metteur en scène qui vous a vraiment éclairé, sur lequel vous êtes revenu pour pouvoir écrire de ce film ? Oh, j’ai vu tellement de choses… Pour l’écriture même, j’étais assez nourrie moi pour ne pas forcément m’inspirer que d’une chose, je pense qu’il y a eu beaucoup d’influences. J’ai beaucoup vu les films de Fleischer pour des questions esthétiques. J’ai beaucoup revu Opening Night de Casavetes parce que c’est un film où il y a beaucoup de rouge et j’étais obsédée par le rouge, mais je voulais faire un film en pellicule. Dans les films de procès, je pense que j’ai été obsédée par l’affaire Amanda Knox. Surtout la perception de sa sexualité qui fixe une misogynie très violente. J’ai trouvé ça très intéressant et ça m’a beaucoup inspirée. J’ai énormément revu l’histoire du Petit Grégory. J’ai revu Autopsie d’un Meurtre, La vérité de Clouzot. J’ai vu beaucoup de films sur la plaidoirie, comme Le génie du Mal de Fleischer dans lequel Orson Welles joue de manière très douce à l’inverse de ce qu’on peut voir en France. J’ai glané à plein d’endroits. J’ai plein d’influences, autant de la junk culture, sur Youtube j’ai vu des Faites Entrer l’Accusé, des procès qui mettent en scène des gamins pour voir comment la Présidente du tribunal se comporte et montrer ça aux acteurs. Vous savez, le mécanisme d’écriture, une fois l’absorption des références, il faut vraiment les pousser, pour se concentrer sur la forme. J’ai aussi essayé de partir sur une histoire que je n’avais pas trouvée. C’étaient les coulisses d’un film dont la réflexion centrale se porte autour du manque, qui ne manque ni de nous bouleverser ni de nous stimuler les neurones. Merci Justine pour ce support artistique aux multiples facettes réflexives. Si vous voulez réfléchir à l’intrication sphère privée / sphère publique, si vous vous demandez comment votre vie sexuelle épanouie peut se retourner en votre défaveur lors de votre procès, si vous voulez assister à un super dog acting, ou si vous désirez tout simplement voir un grand film, foncez dans les salles ce mercredi 23 août, on pense que vous ne serez pas déçus… --- # Le film « Ibrahim » avec l’acteur Abdel Bendaher URL : https://roadtocinema.paris/le-film-ibrahim-avec-lacteur-abdel-bendaher Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Cérémonie des Lumières · Publié le : 2023-08-13 Cette semaine nous découvrons l’acteur Abdel Bendaher qui tient le rôle principal du film Ibrahim de Samir Guesmi. Cette semaine nous découvrons l’acteur Abdel Bendaher qui tient le rôle principal du film Ibrahim de Samir Guesmi. ## Qui est Abdel Bendaher ? Repéré dans la rue, Abdel Bendaher est propulsé du jour au lendemain devant les caméras. En 2019, Samir Guesmi cherche désespérément la perle rare qui interprétera le personnage central de son premier long métrage, Ibrahim. En l’apercevant, le cinéaste est certain d’avoir trouvé sa vedette. Le jeune homme voit dès lors sa vie basculer en faisant ses premiers pas en tant qu’acteur. Si le long métrage ne peut être présenté au Festival de Cannes en 2020 à cause de la pandémie mondiale, Ibrahim reçoit néanmoins, quelques mois plus tard, le Valois de Diamant, la plus haute récompense du Festival du Film Francophone d’Angoulême. Abdel Bendaher est nommé, quant à lui, aux révélations des César 2021 pour son incroyable prestation dans le rôle d’un adolescent qui prend tous les risques pour réparer une faute coûtant cher à son père. Ce premier essai donne au jeune comédien le goût pour le 7ème Art. Après avoir incarné le petit ami d’Inès d’Assomption dans la comédie T’as pécho ?, Abdel Bendaher devient l’un des élèves de Guillaume Labbé dans la série dramatique de France 2 L’Ecole de la vie. Il y joue Mehdi, un lycéen victime de violences dans le cercle familial. Source : Allocine – Pascal Muscarnera ## Découvrez notre interview avec Abdel --- # Découvrez Noémie Lvovsky : une réalisatrice française passionnée URL : https://roadtocinema.paris/decouvrez-noemie-lvovsky-une-realisatrice-francaise-passionnee Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-08-06 Noémie Lvovsky est une réalisatrice, scénariste et actrice française dont le talent et la passion ont marqué le monde du cinéma français. Son parcours éclectique et ses films touchants ont captivé les spectateurs, faisant d’elle une figure incontournable de l’industrie cinématographique. Noémie Lvovsky est une réalisatrice, scénariste et actrice française dont le talent et la passion ont marqué le monde du cinéma français. Son parcours éclectique et ses films touchants ont captivé les spectateurs, faisant d’elle une figure incontournable de l’industrie cinématographique. ## Débuts et formation Noémie Lvovsky a débuté sa carrière dans les années 1980 en tant qu’actrice. Elle est apparue dans des films emblématiques tels que Les Nanas (1985) et La Vie est un long fleuve tranquille (1988). Passionnée par le cinéma, elle a étudié à l’École nationale supérieure Louis-Lumière à Paris, où elle a perfectionné ses compétences techniques et développé sa passion pour la réalisation. ## Réalisatrice de renom Noémie Lvovsky s’est fait un nom en tant que réalisatrice grâce à plusieurs longs métrages acclamés par la critique. Parmi eux, on peut citer Les Sentiments (2003), Camille redouble (2012) et Demain et tous les autres jours (2017). Ses films se distinguent par des histoires personnelles et touchantes, abordant des thèmes tels que le temps qui passe, la mémoire, l’enfance et la famille. ## Collaborations et récompenses Noémie Lvovsky a eu la chance de travailler avec des acteurs et des actrices renommés tels que Jean-Pierre Léaud, Mathieu Amalric et Nathalie Baye. Son travail a été récompensé à plusieurs reprises, notamment par le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans Les Sentiments. Ses réalisations lui ont également valu des nominations dans différentes catégories. ## Notre rencontre --- # « Les Filles d’Olfa » par Kaouther Ben Hania : Tissage Scénique pour Démêler l’Intime de la Transmission Mère-Fille URL : https://roadtocinema.paris/les-filles-dolfa-par-kaouther-ben-hania-tissage-scenique-pour-demeler-lintime-de-la-transmission-mere-fille Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-07-21 Après avoir marqué l’histoire en accompagnant le tout premier film tunisien en lice pour l’Oscar du Meilleur Film International en 2021 avec L’Homme qui a Vendu sa Peau, Kaouther Ben Hania continue de faire sensation au Festival de Cannes 2023. En salle depuis le 5 juillet, son nouveau film détricote avec audace la complexité des […] Après avoir marqué l’histoire en accompagnant le tout premier film tunisien en lice pour l’Oscar du Meilleur Film International en 2021 avec L’Homme qui a Vendu sa Peau, Kaouther Ben Hania continue de faire sensation au Festival de Cannes 2023. En salle depuis le 5 juillet, son nouveau film détricote avec audace la complexité des relations mères-filles sur fond de sujet politique hautement sensible. Servie par une mise en scène d’une originalité captivante, cette fiction documentaire a surpris en entrelaçant jeu d’acteurs, témoignages et reconstitutions. Le 5e long métrage de cette réalisatrice née dans le pays-coeur du « Printemps Arabe », nous emporte du rire aux larmes, tout en sollicitant sans relâche notre intellect. Une réflexion bouleversante d’une justesse inspirante, si bien qu’elle lui vaut deux prix lors du Festival de Cannes : celui du Cinéma Positif et celui du Prix de la Citoyenneté. C’est dans ce cadre privilégié, entre les embruns de la plage du CNC et le charme des projecteurs du Salon des Ambassadeurs, que nous avons eu l’opportunité d’échanger avec Kaouther Ben Hania. Nous avons découvert avec plaisir les inspirations profondes qui irriguent ce film hors norme et questionné les enjeux sociaux et artistiques qui portent cette réalisation. ### Avant Les Filles d’Olfa, votre précédent film L’Homme qui a Vendu sa Peau évoque des hommes et des femmes qui délaissent leur pays au profit d’un autre. Le thème migratoire est abordé d’une autre manière dans votre dernier film, c’est quelque chose qui vous tient à coeur ? Il y a toujours une histoire de voyage. En fait chaque film que je commence est d’abord une recherche, en ce sens c’est un voyage. On parle du Hero Journey, mais c’est pareil pour le réalisateur. C’est un long voyage parce que c’est une longue recherche. Ça commence par une idée, une image, un personnage. ### Comment a commencé ce long voyage pour Les Filles d’Olfa ? C’est vraiment parti d’une réalité. Je débute Les filles d’Olfa par un personnage. Celui d’Olfa. Olfa, cette mère qui existe réellement et que j’ai entendue à la radio. Ça m’a tout de suite scotchée : je me suis dit, «c’est un personnage de film». À partir de là, le voyage a commencé. Je l’ai rencontrée, puis j’ai rencontré ses filles, puis j’ai commencé à tourner, et finalement cela m’a pris en tout sept ans. ### Dans ce film bouleversant, qui entrelace et superpose une vaste gamme d’émotions, comment parvenez-vous à maintenir un équilibre entre la violence et l’espoir, sans jamais laisser le spectateur submergé par le pathos ? Je pense que les personnages en elles-mêmes m’ont beaucoup aidée. Justement parce qu’elles ne sont pas du tout dans le pathos. Au contraire, ce qui m’a surprise et ce qui se ressent dans le film, c’est leur résilience. Ce sont des femmes qui rigolent de tout, même de leur tragédie. Ça leur donne une force et je pense que c’est leur manière de survivre à leur drame. ### Comment le film a-t-il exploré le concept de transmission familiale, notamment en ce qui concerne la relation mère-fille ? Au départ, ce thème m’intéresse car, dans cette histoire, il est à double facette. C’est effectivement la question de la maternité et de la transmission mère-fille. Cependant, d’une part, il y a la transmission de l’amour, mais d’autre part, on trouve la transmission des traumas et de la violence. C’est une réflexion sur ces deux aspects. ### Oui, bien que la complicité et la tendresse au sein de cette famille soient palpables, d’un autre côté, le film ne met-il pas en exergue des conflits de générations qui s’interposent gravement entre la mère et ses filles ? Oui, c’est aussi l’histoire de l’adolescence. Elles entrent toutes dans cet âge très délicat qu’est l’adolescence. C’est à la fois une remise en question du rapport à la mère, mais plus largement, du rapport à la vie : à l’éveil, à la sexualité, à la recherche de sens, etc. Cette recherche dérive finalement vers quelque chose de très morbide. ### En tant que femme réalisatrice, était-il important pour vous d’aborder le sujet des femmes au sein de l’État Islamique dans votre film ? Étant donné que ce thème est souvent perçu comme davantage masculin dans l’imaginaire collectif. Oui absolument. Ceci dit, moi, ce qui m’a d’abord attirée dans cette histoire, de façon plus générale, c’est que c’est une histoire féminine. Déjà ça, c’est très particulier. Moi, étant femme, je comprends très bien les femmes. Et j’avais les outils nécessaires, je crois, pour aborder avec elles des sujets de l’ordre de l’intime et sur le penchant de la confession. Finalement, ce qu’on a fait ensemble, ça a presque été de l’ordre du laboratoire thérapeutique pour nous toutes. ### Vous vous sentiez personnellement engagée ? Avez-vous tiré de ce film une analyse réflexive ? Oui, absolument. Je me suis sentie personnellement engagée dans une démarche et j’espère que cette autoréflexion passera aussi chez le spectateur. ### Justement, je voulais vous demander ce que vous espériez que le public retienne de cette histoire ? C’est au public de me le dire. Chacun retient ce qu’il veut. En tout cas, moi j’ai fait le film dans la démarche de comprendre. J’avais de nombreuses questions auxquelles je ne savais pas répondre. J’espère que le public ne sera pas dans le jugement, mais dans l’empathie et l’envie de comprendre. ### En ce qui concerne la mise en scène, elle est tout à fait originale et crée une esthétique très particulière pour le film. Pouvez-vous nous parler davantage de votre démarche formelle ? Comment celle-ci contribue-t-elle à relayer votre discours ? Le film est un dispositif entièrement créé, il n’existe pas dans la réalité. Donc l’aspect esthétique était très important pour moi, car il était le moyen de créer une unité au sein du récit. C’est pourquoi on a tourné presque dans un seul décor et avec des couleurs très particulières : du bleu, et du rouge principalement. ### Pourquoi aviez-vous spécifiquement besoin de créer cette unité ? Parce que le film est très introspectif et que je ne voulais pas que l’on puisse être distraits par des détails et des changements de décor. ### Vous avez pointé du doigt l’omniprésence du bleu et du rouge dans votre film, est-ce que ces couleurs sont un choix symbolique ? Non, les couleurs c’est une histoire de sensation. Pour moi, ça ne signifie pas forcément quelque chose, c’est très subjectif. ### Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur le rôle que la société a joué dans la vie d’Olfa et de ses filles ? Le film part d’une histoire intime, mais c’est vrai, qu’il est situé dans la grande histoire récente de la Tunisie. Donc il y a tous ces changements politiques en écho, qui ont forcément affecté la vie de cette famille. On le voit très bien dans le film, mais ma première démarche est davantage portée sur l’intime, plutôt que sur l’angle politique. J’ai d’abord choisi ces personnages pour elles-mêmes, parce que je les trouvais très belles, très charismatiques et pleines de contradictions. ### Nous vous remercions beaucoup Madame Ben Hania, merci pour ce film et encore bravo pour vos deux Prix. Nous remercions le regard audacieux de Kaouther Ben Hania et lui exprimons notre gratitude pour un travail qui invite à une réflexion profonde sur les thèmes de la maternité, de la transmission mère-fille et de la frustration féminine. Son engagement en tant que femme réalisatrice se manifeste dans la manière dont elle a su mettre en perspective, à travers une histoire réelle, sphère publique et intimité féminine. --- # Découvrez l’ouverture du Champs-Élysées Film Festival URL : https://roadtocinema.paris/decouvrez-louverture-du-champs-elysees-film-festival Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Champs-Élysées Film Festival · Publié le : 2023-07-02 Paris, la ville des lumières, est célèbre pour son amour du cinéma. Chaque année, la capitale française accueille le Champs-Élysées Film Festival, un événement qui met en valeur le meilleur du cinéma indépendant américain et français. Créé en 2012 par Sophie Dulac, une passionnée du septième art, ce festival offre une semaine de découvertes cinématographiques, […] Paris, la ville des lumières, est célèbre pour son amour du cinéma. Chaque année, la capitale française accueille le Champs-Élysées Film Festival, un événement qui met en valeur le meilleur du cinéma indépendant américain et français. Créé en 2012 par Sophie Dulac, une passionnée du septième art, ce festival offre une semaine de découvertes cinématographiques, de rencontres avec des professionnels du milieu et d’émotions partagées avec un public avide de nouvelles histoires. ## Un lieu emblématique L’avenue des Champs-Élysées, symbole de Paris, sert de cadre prestigieux pour le festival. Les cinéphiles et les amateurs de cinéma se rassemblent pour célébrer le septième art dans un cadre magique. Les salles de cinéma de renom situées le long de l’avenue accueillent les projections des films sélectionnés, créant ainsi une atmosphère unique et électrisante. ## Une sélection exquise Le Champs-Élysées Film Festival propose une sélection soigneusement choisie de films indépendants américains et français. Les cinéphiles ont la chance de découvrir des pépites cinématographiques avant leur sortie officielle. Les films en compétition sont évalués par un jury de professionnels qui décerne des prix dans différentes catégories. C’est une opportunité pour les réalisateurs et les scénaristes émergents de se faire connaître et de recevoir une reconnaissance bien méritée. ## Rencontres et échanges Le festival offre bien plus que des projections de films. Les participants peuvent également assister à des rencontres, des tables rondes et des masterclasses animées par des experts de l’industrie cinématographique. Ces événements permettent au public de plonger dans les coulisses de la création cinématographique et de poser des questions aux professionnels. C’est une occasion unique de découvrir les secrets de fabrication des films et de mieux comprendre l’art du cinéma. ## Une célébration du cinéma Le Champs-Élysées Film Festival célèbre le talent et la créativité des cinéastes indépendants. Le festival rend également hommage à des personnalités du cinéma qui ont marqué l’industrie par leur contribution exceptionnelle. C’est l’occasion pour les cinéphiles de rendre un vibrant hommage à ces artistes qui ont enrichi notre imaginaire collectif. ## Découvrez l’ouverture de la 12ème édition --- # Découvrez Isabelle Solas, une réalisatrice passionnée URL : https://roadtocinema.paris/decouvrez-isabelle-solas-une-realisatrice-passionnee Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Festival Plurielles · Publié le : 2023-06-25 Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter une artiste talentueuse et polyvalente, Isabelle Solas. Réalisatrice et cadreuse, elle se distingue par sa créativité et son engagement dans le domaine de l’art visuel et du spectacle vivant. À travers ses moyens métrages documentaires, ses clips et ses performances artistiques, Isabelle Solas offre une perspective unique sur le corps […] Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter une artiste talentueuse et polyvalente, Isabelle Solas. Réalisatrice et cadreuse, elle se distingue par sa créativité et son engagement dans le domaine de l’art visuel et du spectacle vivant. À travers ses moyens métrages documentaires, ses clips et ses performances artistiques, Isabelle Solas offre une perspective unique sur le corps en tant que terrain d’invention politique. Découvrons ensemble son parcours artistique fascinant à travers notre interview exclusif. ## Exploration des thèmes profonds Les premiers moyens métrages documentaires d’Isabelle Solas explorent les thématiques de la disparition et de l’appartenance à un territoire réel ou fantasmé. Ces films captivants, tels que Inventaire (produit par Adalios Production), Pas de Nostalgie Camarades (produit par Sister Productions) et Avoir 15 ans sur le Plateau (produit par Z’azimut Films), nous plongent dans des réflexions profondes sur notre rapport à l’espace et à l’identité. ## Le corps comme terrain d’invention politique Depuis quelques années, la volonté de filmer le corps en tant que terrain d’invention politique est devenue le moteur principal du travail d’Isabelle Solas. Forte de ses études en anthropologie et en langues orientales, elle aborde le cinéma et l’art visuel avec une sensibilité particulière envers l’aspect politique de l’expression corporelle. Son projet de long métrage Nos corps sont vos champs de bataille, en collaboration avec Dublin Films, met en lumière la vivacité d’un collectif d’activistes trans en Argentine. ## Notre rencontre --- # Jason Divengele : l’acteur qui réalise ses rêves et inspire la jeunesse URL : https://roadtocinema.paris/jason-divengele-lacteur-qui-realise-ses-reves-et-inspire-la-jeunesse Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Champs-Élysées Film Festival · Publié le : 2023-06-18 Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter un jeune acteur passionné et déterminé qui est en train de réaliser ses rêves et d’inspirer la jeunesse. Jason Divengele, a déjà une belle carrière cinématographique à son actif et a fondé un collectif de jeunes comédiens. Nous vous invitons à découvrir son parcours, sa vision du cinéma et son […] Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter un jeune acteur passionné et déterminé qui est en train de réaliser ses rêves et d’inspirer la jeunesse. Jason Divengele, a déjà une belle carrière cinématographique à son actif et a fondé un collectif de jeunes comédiens. Nous vous invitons à découvrir son parcours, sa vision du cinéma et son engagement pour la diversité et l’émancipation des jeunes à travers notre interview exclusif. ## Une promesse de diversité Suite au scandale entourant Roman Polanski, l’académie des César a subi une réforme complète. L’objectif était de promouvoir davantage la parité et la diversité au sein de cette institution prestigieuse du cinéma français. Jason porte un regard positif sur cette refonte et croit en la promesse de diversité. Il est convaincu que l’on doit accorder sa confiance et juger ensuite. Il souligne également l’engagement de Marina Foïs et Eric Toledano, qui souhaitent ouvrir les portes du cinéma à des élèves issus de tous les horizons. Selon lui, cette initiative est une excellente idée pour faire découvrir le septième art aux jeunes et leur montrer que tout est possible. ## Rêver est un crime Jason Divengele a lancé une série d’interviews d’acteurs sur YouTube, intitulée Rêver est un crime. Lorsque nous partageons nos rêves, ils deviennent souvent l’objet de critiques et de doutes, comme s’ils étaient trop ambitieux ou impossibles à réaliser. Selon Jason, rêver est un acte de désobéissance civique, une façon de défier ceux qui ne croient pas en nous. Son objectif est de soutenir la jeunesse et de montrer qu’il est possible de concrétiser ses rêves, peu importe d’où l’on vient. ## Le studio I Have A Dream En plus de sa carrière d’acteur, Jason est à la tête du studio I Have A Dream. Il y développe ses propres projets et soutient les jeunes dans la réalisation de leurs rêves cinématographiques. Jason Divengele incarne la nouvelle génération d’acteurs engagés et inspirants. Avec son collectif de jeunes comédiens et son studio I Have A Dream, il poursuit ses projets cinématographiques tout en soutenant et en encourageant la jeunesse à réaliser ses rêves. Son court-métrage à venir, Rêver est un crime, témoigne de son engagement pour la diversité et l’émancipation des jeunes. Malgré les difficultés, Jason reste déterminé à faire entendre sa voix et à apporter une nouvelle vision au cinéma français. À travers ses actions, il espère changer les mentalités et montrer que le cinéma est un moyen puissant pour inspirer et unir les gens. ## Notre rencontre --- # Rencontre avec la réalisatrice Claire Denis URL : https://roadtocinema.paris/rencontre-avec-la-realisatrice-claire-denis Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-06-14 Dans l’ancien écrin de Pierre Cardin, les dorures raffinées susurrent à l’oreille des lambris, des secrets de cinéma. Tandis que la lumière tamisée fait miroiter les marqueteries, Road to Cinema enfonce ses pas dans le rouge moelleux des tapis, en route vers une interview exclusive. Dans l’ancien écrin de Pierre Cardin, les dorures raffinées susurrent à l’oreille des lambris, des secrets de cinéma. Tandis que la lumière tamisée fait miroiter les marqueteries, Road to Cinema enfonce ses pas dans le rouge moelleux des tapis, en route vers une interview exclusive. L’hôtel, La Réserve, nous ouvre les portes d’un coffret feutré, celle de l’univers cinématographique de Claire Denis. Pendant que les bergères capitonnées enveloppent les corps, les langues se délient sous le regard des boiseries, osant défier le temps de leur éclat intemporel. Un cocon envoûtant qui ne peut qu’appeler aux confidences. Il est temps de parler de désir, de passion, de violence et de mystère. ## Le film Stars at noon Stars at Noon, dernier plaidoyer sexy de Claire Denis, au cinéma le 14 juin 2023, est un film qui attise ce qu’il y a de plus ardent en vous. Tout commence par une rencontre, un livre qui enflamme les fibres sensibles du cœur de Claire Denis. De cette étincelle, naît une connexion indéniable entre l’auteur et la réalisatrice, une alchimie puissante qui se matérialise dans ce projet audacieux. À travers des confidences pleines d’émotions, Claire Denis nous dévoile la genèse de cette œuvre. Plongez dans l’atmosphère nébuleuse des coulisses d’un film qui, comme sa réalisation, est né dans l’amour et la violence. Je voulais vous parler de votre rapport à la littérature. Vous avez réalisé plusieurs filmstirés de récits littéraires comme Intrus, Vendredi soir et donc également Star at Noon. Pour vous, la matière littéraire est consciemment une source d’inspiration, ou rencontrez-vous, parfois par hasard, des récits que vous ne pouvez pas vous empêcher d’adapter au cinéma ? En fait, c’est toujours un peu des hasards. Par exemple pour Intrus, je n’ai pas adapté le livre mais je connaissais l’auteur, Jean-Luc Nancy. Il avait écrit ce petit texte sur sa transplantation cardiaque et ça m’a donné envie de raconter une espèce d’épopée autour du monde, de cet homme et de son fils. Pour Vendredi soir, je connaissais bien Emmanuelle car je travaillais avec elle sur une commande d’un producteur. Malheureusement, je n’arrivais pas à travailler dessus, je n’étais pas heureuse avec cette commande. J’ai dit à Emmanuelle que j’allais arrêter. Elle m’a demandé : “mais tu veux faire quoi ?”, je lui ai répondu : “je voudrais une histoire avec juste un homme et une femme dans une voiture”. Puis, elle me dit : “tu sais, je suis en train de finir mon roman, je vais te le passer”, et c’est comme ça que Vendredi soir est né. Après, j’ai travaillé en collaboration avec, mais pas à partir de ses romans. C’est donc d’abord une histoire de rencontres humaines, avant une histoire de rencontres entre vous et un récit littéraire ? Oui, excepté pour Stars at Noon. J’ai lu tous les livres de Denis Johnson, mais celui-ci m’a particulièrement bouleversée. Je suis donc allée à sa rencontre. Donc là, c’est l’inverse, c’est le livre qui vous a mené à cette rencontre. Comment parvenez-vous à exprimer votre propre vision lorsqu’il s’agit de traduire un récit littéraire préexistant en un film ? Car entre vos inspirations littéraires et vos films,il y a quand même une sacrée différence. Oui, beaucoup, beaucoup ! Lorsque je suis allée au Nicaragua, j’ai constaté que de nombreux éléments décrits dans le livre étaient encore présents. Cependant les sandinistes avaient remporté la révolution, puis il y avait eu un tremblement de terre qui avait endommagé la ville. La ville avait été également transformée par la femme du président et ne subissait plus de bombardements. Néanmoins, quand j’ai visité le Nicaragua, la révolution appartenait au passé, mais c’était la fierté de la population, parce qu’il avait gagné cette révolution. Dans ce contexte, je ne me voyais pas m’attaquer aux grandes décorations de Rosario pour retrouver le Nicaragua du livre, celui d’il y a 30 ans. Par ailleurs, le pays était également confronté à un blocus, avec seulement Cuba et le Venezuela comme partenaires commerciaux. J’ai réalisé que ce serait difficile de faire venir des soldats américains dans ce contexte, cela ne me semblait pas approprié. Ensuite, la pandémie est arrivée, le Nicaragua n’avait pas de vaccin, on ne pouvait pas tourner. A côté de ça, Daniel Ortega a perdu la boule et s’est lancé dans de nouvelles élections. C’est pourquoi j’ai finalement décidé de situer l’histoire dans la capitale du Nicaragua, dans le Managua d’aujourd’hui. Tout ça en tournant en réalité au Panama. Malgré ce contexte, l’auriez-vous fait au Nicaragua, si vous aviez pu ? Oui, bien sûr ! On avait l’autorisation de tourner, on avait même vu la ministre de la Culture. Comment avez-vous géré l’organisation logistiquedu tournage au Panama, alors que l’action se déroule au Nicaragua ? On a cherché des décors qui évoquent ce que j’avais déjà trouvé au Nicaragua, et on a essayé de faire avec. En effet, on avait déjà effectué tous les repérages au Nicaragua,on avait entamé les préparatifs, choisi les acteurs, il était donc nécessaire de tourner. Ce fut donc une histoire laborieuse ? Oui, beaucoup : plus de trois ans et de nombreux obstacles. L’histoire commence quand vous découvrez ce livre. Vous avez dit qu’il vous avait “bouleversée”. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus, qu’avez-vous ressenti à la lecture de ce récit ? J’avais déjà lu les poèmes, les récits et les nouvelles de Denis Johnson. Il y avait toujours ce ton très poétique, mais aussi mélancolique. Tout d’un coup, j’ai senti que dans cette nouvelle-là, il y avait quelque chose d’autobiographique. Lorsque j’ai rencontré Denis Johnson, il m’a dit que c’était son premier roman et qu’il avait, en effet, été au Nicaragua pendant la révolution, en 1984. En fait, il voulait devenir journaliste, et il pensait que la guerre civile au Nicaragua serait un bon sujet. Finalement, ça a été un cauchemar pour lui parce qu’il n’a rien pu faire. Il a transposé son énorme déception, en inventant ce couple, un peu paumé. Le personnage de l’Englishman, ce devait sûrement être quelqu’un qu’il avait rencontré lors de son voyage et qui était là pour le pétrole, sans le dire vraiment. Et elle… c’est lui, en fait ! Pourquoi avoir choisi de transposer le personnage principal, le journaliste, en femme ? Je ne sais pas, c’est lui qui l’a décidé. Il a souhaité qu’une femme le représente dans son propre personnage. Peut-être que ça lui plaisait plus de raconter l’histoire comme ça ? Je n’ai pas eu l’occasion de lui poser la question : Denis est mort avant que je tourne. Malgré ça, j’ai très bien compris ce qu’il voulait faire avec ce personnage : montrer à quel point il s’est senti fragile, alors qu’en réalité, c’était une personne très forte. Je pense que tout le monde s’accorde pour dire que votre actrice principale, Margaret Qualley, crève l’écran. Comment l’avez-vous choisie ? Je l’ai vue dans le film de Quentin Tarantino, Once Upon A Time in Hollywood, à Cannes. J’ai dit : “Ok, c’est elle ou personne”. Puis je l’ai rencontrée et elle a dit oui tout de suite ! Elle a patienté près de trois ans pour que le film se réalise, traversant des périodes complexes comme la pandémie, les élections au Nicaragua et divers incidents. Vous êtes-vous sentie parfois atteinte par le découragement ? Avez-vous envisagé de renoncer au projet ? Non, parce que Margaret Qualley attendait, donc je ne voulais pas abandonner. Ce fut un véritable cauchemar, avec une longue série d’obstacles à surmonter. Chaque fois que nous pensions avoir résolu un problème, un autre surgissait ! Cependant, ce qui s’est avéré merveilleux, ce sont les Panaméens. Ce sont également les partenaires français, les acteurs et la productrice panaméenne qui nous ont soutenus. J’ai réussi à surmonter ces défis, mais sans être seule : avec l’aide de personnes formidables à mes côtés. Oui, il y avait un tel engouement ! Sentiez-vous que le film était porté ? Oui, c’est sûr que le film a été porté. Grâce au Panama et aux acteurs, mais vous savez, le décès de Denis, avant le tournage, m’a encore plus donné envie de faire ce film. Plus qu’un autre film ? Je ne sais pas, je n’ai jamais vécu cette situation auparavant. Donc, je pense, que oui. Il y a un fond politique dans la plupart de vos films. Cependant, l’histoire passionnelle, cette ambiance de thriller sensuel dans Stars at Noon, prend beaucoup de place. Quelle était votre intention en mettant la passion au premier plan, devant le politique ? C’est ce qui m’a le plus plu dans le livre. Dès la troisième ligne du livre, la rencontre devient l’élément le plus important. Cela permet d’aborder la guerre civile d’une manière différente, car les deux protagonistes sont étrangers, ils ne sont pas des citoyens du Nicaragua. Le livre commence exactement comme un récit de journaliste. Dès le début, le personnage de Margaret Qualley quitte son motel minable pour essayer de récupérer son passeport. Elle va dans cet hôtel, où elle sait qu’il y aura des journalistes et fait la rencontre de cet anglais. Elle compte sur lui, car elle pense qu’il a de l’argent, et qu’il pourra l’aider. Oui, et en fait c’est plus compliqué que ça. Stars at Noon explore la relation entre le désir et la violence, une balance récurrente dans vos films. Au cours de votre parcours en tant que réalisatrice, Remarquez-vous une trajectoire spécifique dans votre exploration de ce thème ? J’avoue que non, parce que c’est très difficile pour moi. Cependant, c’est probablement ce qui m’intéresse le plus. Ce qui m’a plu, c’est surtout, comme on dit aujourd’hui, que c’est un livre extrêmement sensuel, qui se passe quasiment tout le temps dans des chambres de motels. C’est un livre très sexy, j’ai donc essayé d’être à la hauteur du livre. Vouliez-vous transposer en image ce que vous aviez lu à ce moment-là ? Non, parce qu’on ne peut pas faire ça. Je trouvais ça extraordinaire d’imaginer deux personnes qui n’étaient pas destinées à se rencontrer, croyant se sauver l’un l’autre, n’étant finalement capables que d’une seule chose : faire l’amour dans un lit. Je n’avais pas le droit de passer à côté de ça. Pouvez-vous me parler de votre collaboration avec Éric Gauthier, votre Directeur de la Photographie, concernant l’esthétique visuelle que vous avez projeté pour le film? On venait de faire Avec Amour et Acharnement, et j’ai tout de suite fait lirele scénarioà Éric. Il a tout de suite compris qu’il s’agissait de retranscrire l’intimité des espaces resserrés des chambres de motels, mais aussi l’immensité de paysages très vastes.Il a donc trouvé ses objectifs scopes, des années 70, qui donnent aussi ce côté nébuleux à l’image. Quel conseil donneriez-vous à un ou une jeune, qui souhaite se lancer dansla réalisation? Oh là là ! Il faut y croire.Croire en soi, on ne peut pas vraiment dire ça, car c’est impossible, mais il est nécessaire d’y croire ! Comprendre que faire un film implique de surmonter des obstacles, mais qu’une fois franchis, la tâche la plus difficile est accomplie. Merci beaucoup, Claire, à bientôt. Il est temps de quitter la douceur du velours et la chaleur de la voix de Claire Denis. Les étoffes chatoyantes du corridor nous raccompagnent, nous quittons le joyau architectural du 42 boulevard Gabriel. À travers cette interview exclusive, nous avons découvert les inspirations et les défis de Claire Denis. Malgré les obstacles rencontrés pendant la production, le film a su voir le jour sous le ciel accueillant du Panama et sous la détermination d’une équipe soudée. Entre autres, la plume de Denis Johnson, l’esprit de Claire Denis, le talent ravageur de Margaret Qualley et l’œil d’Éric Gautier, ont su donner vie à cette histoire sulfureuse.Stars at Noon promet de captiver les âmes vibrantes et de les plonger dans un voyage visuel et sensoriel. On se voit le 14 juin en salle, au creux d’un fauteuil en velours ! --- # Albin de la Simone : Découvrez l’univers poétique de cet artiste français URL : https://roadtocinema.paris/albin-de-la-simone-decouvrez-lunivers-poetique-de-cet-artiste-francais Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Champs-Élysées Film Festival · Publié le : 2023-06-11 Nous avons eu la chance de rencontrer l’auteur, compositeur et interprète Albin de la Simone au Champs-Élysées Film Festival 2022. Nous avons eu la chance de rencontrer l’auteur, compositeur et interprète Albin de la Simone au Champs-Élysées Film Festival 2022. Albin de la Simone est un artiste français aux multiples talents. Chanteur, auteur-compositeur et pianiste, il a su se démarquer par sa musique poétique et ses textes introspectifs. Il a commencé sa carrière musicale dans les années 1990. Son premier album éponyme, sorti en 2003, a été très bien accueilli par la critique et a marqué le début d’une nouvelle étape dans sa carrière. Albin de la Simone a eu l’occasion de collaborer avec de nombreux artistes français de renom. Il a notamment travaillé aux côtés de Vanessa Paradis, Alain Souchon, Mathieu Boogaerts et Laurent Voulzy. En plus de sa carrière d’interprète, il a également exercé le rôle de producteur pour d’autres musiciens. Il a également contribué à la composition de musiques de films. Il a notamment travaillé avec le réalisateur français Michel Gondry sur les films La Science des rêves (2006) et L’Écume des jours (2013), apportant sa sensibilité musicale à l’univers cinématographique. Sa musique a été saluée par la critique et lui a valu plusieurs nominations aux Victoires de la Musique. Il a également remporté le Grand Prix de l‘Académie Charles-Cros en 2013, ce qui témoigne de sa reconnaissance dans le milieu musical. ## Notre rencontre --- # Vladimir Cosma : Le compositeur de génie qui a enchanté le cinéma français URL : https://roadtocinema.paris/vladimir-cosma-le-compositeur-de-genie-qui-a-enchante-le-cinema-francais Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-06-04 Vladimir Cosma est un compositeur et chef d’orchestre français d’origine roumaine, dont la musique a marqué plusieurs décennies de cinéma français. Né le 13 avril 1940 à Bucarest, en Roumanie, Vladimir est célèbre pour ses compositions dans plus de 300 films. Sa musique légère et entraînante est devenue emblématique et il est considéré comme l’un […] Vladimir Cosma est un compositeur et chef d’orchestre français d’origine roumaine, dont la musique a marqué plusieurs décennies de cinéma français. Né le 13 avril 1940 à Bucarest, en Roumanie, Vladimir est célèbre pour ses compositions dans plus de 300 films. Sa musique légère et entraînante est devenue emblématique et il est considéré comme l’un des compositeurs les plus populaires et les plus respectés du cinéma français. ## Origines et parcours Né dans une famille de musiciens, Vladimir Cosma a commencé son voyage musical très tôt. Après avoir étudié le violon au Conservatoire de Bucarest, il a déménagé en France en 1963. Là-bas, il a commencé sa carrière en tant que violoniste dans l’orchestre du Ballet de Paris. Peu à peu, Vladimir a commencé à composer pour des spectacles de télévision, marquant ainsi le début de sa carrière de compositeur. ## Ses collaborations emblématiques L’un des partenariats les plus fructueux de Vladimir a été avec le réalisateur français Yves Robert. Ensemble, ils ont créé des œuvres mémorables telles que Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972) et Le Dîner de Cons (1998). Vladimir Cosma a également travaillé étroitement avec l’acteur légendaire Louis de Funès, composant la musique de films tels que La Folie des grandeurs (1971) et L’Aile ou la Cuisse (1976). Ces collaborations ont joué un rôle essentiel dans la popularité de Vladimir. Il a reçu de nombreuses récompenses pour son travail, notamment plusieurs César de la meilleure musique de film, soulignant ainsi l’importance de ses contributions. ## Notre rencontre --- # A la rencontre du réalisateur Jean-Paul Salomé URL : https://roadtocinema.paris/a-la-rencontre-du-realisateur-jean-paul-salome Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2023-05-28 À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré le réalisateur Jean-Paul Salomé. À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré le réalisateur Jean-Paul Salomé. ## Jean-Paul Salomé, derrière la caméra Nous avons été heureuses de rencontrer Jean-Paul Salomé, cinéaste qui cadre le monde avec précision et justesse. Jean-Paul Salomé est un réalisateur, scénariste et producteur français. Il est connu pour ses contributions dans l’industrie cinématographique française, notamment pour ses films à suspense et policiers. Jean-Paul Salomé a commencé sa carrière dans les années 80 en travaillant comme assistant réalisateur sur plusieurs films. En 1994, il réalise son premier long métrage Les Braqueuses, puis enchaîne en 2001 avec Belphégor – Le fantôme du Louvre, avec Sophie Marceau, Frédéric Diefenthal, Michel Serrault et Julie Christie. Le film connait un certain succès ! Parmi ses autres films figurent Les Femmes de l’ombre (2008), Arsène Lupin(2004), La Daronne (2019) et enfin La Syndicaliste (2023). D’ailleurs, lors de la 46e cérémonie des Césars, son film La Daronne est nommé pour le César de la meilleure adaptation. En plus de sa carrière de réalisateur, Jean-Paul Salomé a également été président de l’Association des réalisateurs et réalisatrices de films (ARF) en France de 2008 à 2010. ## Synopsis du film : La syndicaliste Un matin, Maureen Kearney est violemment agressée chez elle. Elle travaillait sur un dossier sensible dans le secteur nucléaire français et subissait de violentes pressions politiques. Les enquêteurs ne retrouvent aucune trace des agresseurs… Est-elle victime ou coupable de dénonciation mensongère ? ## Notre rencontre --- # Lucien Jean-Baptiste, à voix haute URL : https://roadtocinema.paris/lucien-jean-baptiste-a-voix-haute Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2023-05-21 À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré l’acteur, réalisateur et scénariste Lucien Jean-Baptiste. À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré l’acteur, réalisateur et scénariste Lucien Jean-Baptiste. ## Le cinéma dans la peau Lucien Jean-Baptiste a réalisé et interprété de nombreux films, sa sympathie et son talent à l’écran se ressentent lorsqu’on le rencontre. Un rôle qui m’a marqué c’est celui d’un film inspiré du fait d’hiver – la Tuerie du Grand Bornand, Possessionsréalisé par Éric Guirado, avec à ses côtés Jérémie Renier, Julie Depardieu et Alexandra Lamy. Il y a aussi bien sûr (entre autres) La Première Étoile,Dieumerci ! etIl a déjà tes yeux. Très actif dans le doublage, il est notamment la voix française régulière de Chris Rock, Martin Lawrence et Ice Cube ainsi qu’entre autres une des voix de Terrence Howard, Will Smith, Kevin Hart, Jamie Foxx, Lucien Jean-Baptiste nous rappelle que parfois il suffit d’une invitation pour qu’un monde s’ouvre à nous et bouleverse notre vie. Vive les #projectionnistes ! ## Notre rencontre --- # Alice Winocour conte “Revoir Paris” URL : https://roadtocinema.paris/alice-winocour-conte-revoir-paris Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2023-05-07 À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré la lauréate Alice Winocour. À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré la lauréate Alice Winocour. ## Le cinéma, une nécessité C’est bateau mais c’est vrai, nombreux sont les cinéastes en particulier et les artistes en général que nous rencontrons qui nous parlent de la nécessité, la nécessité c’est aussi celle dont parle Rainer Maria Rilke dans Lettres à un jeune poète. > “Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n’est qu’un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il pousse ses racines au plus profond de votre cœur. Confessez-vous à vous-même : mourriez vous s’il vous était défendu d’écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : « Suis-je vraiment contraint d’écrire ? » Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité. Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d’une telle poussée. Alors, approchez de la nature. Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez.” Alice Winocour Revoir Paris, à Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu’elle ne se rappelle de l’événement que par bribes, Mia décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d’un bonheur possible. ## Notre rencontre --- # 6ème édition du Prix Alice Guy URL : https://roadtocinema.paris/6eme-edition-du-prix-alice-guy Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2023-04-30 À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré sa fondatrice Véronique Le Bris, sa lauréate Alice Winocour et son jury. À l’occasion du Prix Alice Guy au Max Linder à Paris, nous avons rencontré sa fondatrice Véronique Le Bris, sa lauréate Alice Winocour et son jury. ## Un prix pour le Cinéma Pour rappel, le Prix Alice Guy est le seul prix à récompenser la réalisatrice de l’année. Lancé en janvier 2018 par Véronique Le Bris, journaliste et fondatrice de cine-woman.fr, il met en lumière le talent des réalisatrices contemporaines dans la lignée de la première d’entre elles, Alice Guy. ## L’ambition du Prix Alice Guy répond à plusieurs objectifs : Pallier l’absence récurrente de réalisatrices dans les grands palmarès annuels Promouvoir une réalisatrice et l’encourager à monter de nouveaux projets Donner une deuxième chance à la diffusion du film primé Valoriser le travail des femmes cinéastes Mettre en valeur la filiation entre la pionnière Alice Guy et les réalisatrices d’aujourd’hui Faire découvrir sur grand écran l’incroyable production d’Alice Guy En 2018 “Paris La Banche” de Lidia Terki, En 2019 “Un amour impossible” de Catherine Corsini, En 2020 “Papicha” de Mounia Meddour, En 2021 “Mignonnes” de Maïmouna Doucouré, En 2022 “L’événement” d’Audrey Diwan, Place à Alice Winocour pour “Revoir Paris” cette année 2023 ! ## Synopsis de Revoir Paris : À Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu’elle ne se rappelle de l’événement que par bribes, Mia décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d’un bonheur possible. ## Notre rencontre --- # Frédéric Beigbeder, ciné-rature URL : https://roadtocinema.paris/frederic-beigbeder-cine-rature Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-04-23 À l’occasion de l’édition 2023 du Festival du Livre de Paris qui se déroule ce week-end au Grand Palais Éphémère, rencontre avec Frédéric Beigbeder. À l’occasion de l’édition 2023 du Festival du Livre de Paris qui se déroule ce week-end au Grand Palais Éphémère, rencontre avec Frédéric Beigbeder. ## Un nouveau livre sur la table Alors que Frédéric Beigbeder a sorti aux Éditions Albin Michel il y a quelques semaines son nouveau livre au titre polémique et au propos que certains jugeront dépassé : “Confessions d’un hétérosexuel légèrement dépassé”, nous revenons avec lui sur son rapport au cinéma et à la littérature dans ce cadre si doux du Silencio de Saint-Germain-des-Prés. Ce livre – qu’en dit-il lui-même : « Longtemps j’ai cru que la vie était une fête, passé la cinquantaine, la vie est un interminable lendemain de cuite. J’ai toujours voulu être transgressif sans savoir que j’étais conformiste. Aujourd’hui, je me sens mieux dans un monastère augustinien qu’au bordel, et les militaires m’amusent plus que les fashionistas. Mais se confesser dans un livre ne garantit aucune absolution ; passez votre chemin si vous cherchez dans ce livre autre chose qu’un homme qui tente de se comprendre. » ## Retrouvez notre rencontre --- # Thomas Solivérès, le travail dans la passion URL : https://roadtocinema.paris/thomas-soliveres-le-travail-dans-la-passion Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Festival Plurielles · Publié le : 2023-04-16 Mercredi prochain sort HABIB, LA GRANDE AVENTURE réalisé par Benoît Mariage, au casting Thomas Solivérès, Bastien Ughetto et  Catherine Deneuve. Mercredi prochain sort HABIB, LA GRANDE AVENTURE réalisé par Benoît Mariage, au casting Thomas Solivérès, Bastien Ughetto et Catherine Deneuve. ## Synopsis Habib est un jeune acteur qui rêve de théâtre et de cinéma, mais qui n’enchaîne que des rôles sans envergure. Sa famille a bien du mal à comprendre cette passion qui ne lui rapporte pas un rond. Jusqu’au jour où il décroche un petit rôle de gigolo aux côtés de Catherine Deneuve. C’est le début de la grande aventure, mais aussi le début des problèmes… ## Notre rencontre Notre rencontre fut l’occasion d’échanger sur le travail d’acteur, la place de la comédie dans le cinéma français et surtout les difficultés que l’on rencontre quand on s’engage dans un métier artistique, l’absence de reconnaissance qui met en péril nos rêves. Thomas Solivérès recommande de ne jamais lacher, de faire confiance à son instinct, à ses envies et de prendre conscience de la chance qu’on a lorsqu’on travaille. --- # “Le sixième enfant” de Léopold Legrand déjà sur CANAL+ URL : https://roadtocinema.paris/le-sixieme-enfant-de-leopold-legrand-deja-sur-canal Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Cérémonie des Lumières · Publié le : 2023-04-09 Cette semaine, nous mettons à l’honneur Léopold Legrand jeune réalisateur récompensé cette année du Lumière du Meilleur Premier Film. Cette semaine, nous mettons à l’honneur Léopold Legrand jeune réalisateur récompensé cette année du Lumière du Meilleur Premier Film. ## Léopold Legrand, déjà immense Le film de Léopold Legrand raconte l’histoire de Franck, ferrailleur, et Meriem, ils ont cinq enfants, un sixième en route, et de sérieux problèmes d’argent. Face à eux, Julien et Anna sont avocats et n’arrivent pas à avoir d’enfant. C’est l’histoire d’un impensable arrangement. Avec au casting Sara Giraudeau, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla et Damien Bonnard. ## Bande-annonce Notre rencontre est à retrouver juste ci-dessous, ensuite vous pouvez aller découvrir le film sur CANAL+ ! --- # Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro en 4K sur Canal+ URL : https://roadtocinema.paris/jean-pierre-jeunet-et-marc-caro-en-4k-sur-canal Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-04-02 À l’occasion ce jour de l’anniversaire de Marc Caro et pour la ré-édition des films du binôme en 4K sur Canal+ nous avons rencontré au Silencio des Près ces deux trublions du cinéma français. À l’occasion ce jour de l’anniversaire de Marc Caro et pour la ré-édition des films du binôme en 4K sur Canal+ nous avons rencontré au Silencio des Près ces deux trublions du cinéma français. ## Créateurs fous et géniaux multi récompensés Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro sont réalisateurs, directeurs artistiques, scénaristes et parfois même acteurs et ce depuis plus de 40 ans, leurs adaptations et idées originales marquent les esprits et restent incontournables et indémodables. Ils obtiennent en 1981 le César du meilleur court-métrage d’animation pour Le Manège, Jeunet en 1991 reçoit le César du meilleur court-métrage de fiction pour Foutaises, en 1992 Jeunet et Caro reçoivent les César de la meilleure première œuvre pour Delicatessen mais aussi celui du meilleur scénario original, en 2002 Jeunet est récompensé du César du meilleur film pour le génial et indémodable lui aussi Fabuleux Destin d’Amélie Poulainet celui du meilleur réalisateur, Jeunet est également nommé la même année aux Oscars pour le meilleur scénario original et le meilleur film étranger, rien que ça ! ## Notre rencontre --- # Le Petit Nicolas est de retour URL : https://roadtocinema.paris/le-petit-nicolas-est-de-retour Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Cérémonie des Lumières · Publié le : 2023-03-26 « Le Petit Nicolas » avec ses tout derniers parents, les réalisateurs Amandine Fredon et Benjamin Massoubre. « Le Petit Nicolas » avec ses tout derniers parents, les réalisateurs Amandine Fredon et Benjamin Massoubre. ## Indémodable Petit Nicolas Les réalisateurs Amandine Fredon et Benjamin Massoubre se sont lancés le défi d’adapter Le Petit Nicolas au cinéma.. Les histoires du Petit Nicolas et de sa bande nous ont fait rire de génération en génération, impossible de s’en lasser, n’attendant qu’une chose : avoir une nouvelle excuse pour re-raconter ses bêtises illustrées par les dessins inimitables du génie qu’était Sempé. Écrites de 1956 à 19651 par René Goscinny, les aventures de Nicolas amusent par la drôlerie des personnages et des situations et rappellent une enfance insouciante, d’école buissonnière et de rébellion. ## Notre rencontre --- # Jean-Jacques Annaud et les Oscars URL : https://roadtocinema.paris/jean-jacques-annaud-et-les-oscars Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2023-03-19 À l’occasion du Paris Film Critics Awards, nous avons rencontré Jean-Jacques Annaud. À l’occasion du Paris Film Critics Awards, nous avons rencontré Jean-Jacques Annaud. ## Jean-Jacques Annaud, le montage comme savoir faire Depuis le Silencio-des-Prés dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris, nous avons rencontré Jean-Jacques Annaud avec qui nous sommes revenus sur les Oscars dont la cérémonie avait lieu dimanche dernier, et sur un échange génial avec François Truffaut – qui est à retrouver dans notre interview plus bas. Jean-Jacques Annaud fait en effet ses armes en réalisant un grand nombre de films publicitaires diffusés pour la télévision et les salles de cinéma. Il obtient en 1973 la Palme d’Or du Festival de Cannes des Films Publicitaires pour un spot à gros budget Crackers Belin. Après avoir rencontré François Truffaut qui aime ses mini-comédies et son sens du montage – la coupe d’intention, ce dernier le met en contact avec le producteur Claude Berri qui lui permet de réaliser son premier film, la Victoire en chantantsorti en 1976. La sortie est un échec commercial, mais après des retouches portant principalement sur la bande-son, il obtient l’année suivante l’Oscar du meilleur film étranger sous le titre Black and White in Color et ressort en France commeNoirs et Blancs en couleur en 1977. Photo de couverture ©Léa Ghirardotti --- # Dominik Moll, 7 César pour “La nuit du 12” URL : https://roadtocinema.paris/dominik-moll-7-cesar-pour-la-nuit-du-12 Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Cérémonie des Lumières · Publié le : 2023-03-12 À l’occasion de la Cérémonie des Lumières, nous avons rencontré Dominik Moll, scénariste, réalisateur et monteur. À l’occasion de la Cérémonie des Lumières, nous avons rencontré Dominik Moll, scénariste, réalisateur et monteur. ## Dominik Moll questionne la condition humaine Fraîchement multi récompensé aux César, le dernier film de Dominik Moll, La Nuit du 12 est d’ores et déjà disponible sur myCANAL. Inspiré d’un fait divers réel, dans la nuit du 13 au 14 mai 2013 le corps de Maud Maréchal, 21 ans, est retrouvé calciné à Lagny-sur-Marne. Son meurtrier n’a jamais été identifié. Dans l’adaptation de Dominik Moll on retrouve Yohan (interprété par Bastien Bouillon), policier de la PJ de Grenoble, obsédé par l’assassinat de Clara Royer (Lula Cotton-Frapier), une jeune femme de 21 ans, brûlée vive une nuit alors qu’elle revenait d’une fête entre amies. Les dialogues et les interprètes y sont géniaux, on a été très heureuses de découvrir ce film ainsi que son réalisateur. Aux César, La nuit du 12 a reçu : Meilleur film Meilleure réalisation Meilleure adaptation Meilleur acteur dans un second rôle pour Bouli Lanners Meilleur espoir masculin pour Bastien Bouillon Meilleur son pour François Maurel, Olivier Mortier et Luc Thomas César des lycéens ## Notre rencontre Photo de couverture ©Léa Ghirardotti --- # Lily Gladstone dans « Quantum Cowboys » URL : https://roadtocinema.paris/lily-gladstone-actrice-de-quantum-cowboys-presente-au-ceff Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Champs-Élysées Film Festival · Publié le : 2023-03-05 À l’occasion de la 11ème édition du Champs Elysées Film Festival, nous avons rencontré l’actrice américaine Lily Gladstone. À l’occasion de la 11ème édition du Champs Elysées Film Festival, nous avons rencontré l’actrice américaine Lily Gladstone. ## Qui est Lily Gladstone ? Lily Gladstone commence sa carrière d’actrice en 2012 avec un rôle de figuration dans la comédie dramatique « Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) » (Jimmy P: Psychotherapy of a Plains Indian)d’Arnaud Desplechin, un film exceptionnel mettant en scène Benicio del Toro et Mathieu Amalric. Quatre ans plus tard, elle tombe amoureuse de Kristen Stewart dans le drame « Certaines Femmes » de Kelly Reichardt. Elle remporte de nombreux prix aux États-Unis pour ce rôle, entre nominations et prix elle est à l’honneur dans plus de 16 festivals, quelle performance ! Par la suite, elle tourne « Quantum Cowboys », un film aminé dans lequel elle interprète Linde, une femme prête à tout pour récupérer ses terres dont la quête prend une autre dimension lorsque la théorie de la physique quantique s’impose dans les images du film. Lily Gladstone sera également à l’affiche du dernier film de Martin Scorsese « Killers of the Flower Moon » une adaptation de l’ouvrage du même nom de David Grann, dont la sortie est prévue en 2023. Elle donnera ainsi la réplique à Leonardo DiCaprio, rien que ça. Lily est épatante et nous avons été heureuses de la rencontrer. « Quantum Cowboys » sort bientôt, nous vous tenons informés. ## Notre rencontre Photo de couverture ©Léa Ghirardotti --- # Benoît Magimel nous parle de son rôle dans « Pacifiction : Tourment sur les Îles » URL : https://roadtocinema.paris/benoit-magimel-nous-parle-de-son-role-dans-pacifiction-tourment-sur-les-iles Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos partenariats · Publié le : 2023-02-24 Depuis le début de l’année, Benoît Magimel rafle les distinctions et les prix pour son rôle dans Pacifiction : Tourment sur les Îles d’Albert Serra. Nous l’avons rencontré à la 2ème édition des Paris Film Critics Award où il recevait le Prix du Meilleur acteur pour ce même film. Rencontre avec Benoît Magimel Alors que le […] Depuis le début de l’année, Benoît Magimel rafle les distinctions et les prix pour son rôle dans Pacifiction : Tourment sur les Îles d’Albert Serra. Nous l’avons rencontré à la 2ème édition des Paris Film Critics Award où il recevait le Prix du Meilleur acteur pour ce même film. ## Rencontre avec Benoît Magimel Alors que le comédien fait partie des douze acteurs et actrices qui seront chargés d’animer la 48ème cérémonie des César, Benoît Magimel remettra le César de la Meilleure actrice. Lui-même nommé dans la catégorie du Meilleur acteur pour son rôle dans Pacifiction – Tourment sur les îles, nous avons décidé de partir à sa rencontre pour échanger sur son rôle. ## Le synopsis Sur l’île de Tahiti, en Polynésie française, le Haut-Commissaire de la République De Roller, représentant de l’État Français, est un homme de calcul aux manières parfaites. Dans les réceptions officielles comme les établissements interlopes, il prend constamment le pouls d’une population locale d’où la colère peut émerger à tout moment. D’autant plus qu’une rumeur se fait insistante : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait une reprise des essais nucléaires français. Vous l’avez vu ou pas encore ? Rendez-vous en salle, et en attendant nous nous retrouvons ce soir pour la Cérémonie des César à l’Olympia ! --- # Albert Serra nous donne rendez-vous aux César URL : https://roadtocinema.paris/albert-serra-nous-donne-rendez-vous-aux-cesar Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-02-22 Alors qu’Albert Serra concourt dans les catégories Meilleur film et Meilleure réalisation aux César vendredi prochain, retour sur notre échange lors de la Cérémonie des Lumières il y a quelques jours. Alors qu’Albert Serra concourt dans les catégories Meilleur film et Meilleure réalisation aux César vendredi prochain, retour sur notre échange lors de la Cérémonie des Lumières il y a quelques jours. ## Albert Serra, 8 films et de multiples récompenses Lors de la Cérémonie des Lumières, Pacifiction : Tourment sur les Îles remportait le prix de la Meilleure réalisation pour Albert Serra, celui du Meilleur acteur pour Benoit Magimel mais aussi le prix de la Meilleure image pour Artur Tort. Nous avons été très heureuses de revenir avec lui sur la genèse du film, sur ses inspirations et sur les conseils qu’il a reçus. ## Le synopsis Sur l’île de Tahiti, en Polynésie française, le Haut-Commissaire de la République De Roller, représentant de l’État Français, est un homme de calcul aux manières parfaites. Dans les réceptions officielles comme les établissements interlopes, il prend constamment le pouls d’une population locale d’où la colère peut émerger à tout moment. D’autant plus qu’une rumeur se fait insistante : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait une reprise des essais nucléaires français. Vous l’avez vu ou pas encore ? Rendez-vous en salle, et en attendant nous nous retrouvons vendredi soir pour la Cérémonie des César à l’Olympia ! --- # Pascal Légitimus, sur les planches et dans les étoiles URL : https://roadtocinema.paris/pascal-legitimus-sur-les-planches-et-dans-les-etoiles Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-02-19 À l’occasion de la sortie de « À la belle étoile » au cinéma le 22 février prochain, nous avons rencontré Pascal Légitimus. À l’occasion de la sortie de « À la belle étoile » au cinéma le 22 février prochain, nous avons rencontré Pascal Légitimus. ## Pascal Légitimus, figure incontournable du rire en France Rencontré aux Bouffes Parisiens où il interprète un marivaudage très drôle L’invitation de Hadrien Raccah mis-en-scène par Philippe Lellouche aux côté de Lucie Jeanne et Patrick Chesnais, Pascal Légitimus revient pour nous sur ses débuts sur scène, sur le trio génial qu’il forme avec Didier Bourdon et Bernard Campan dans Les Inconnus. Nous courerons le découvrir au cinéma mercredi dans À la belle étoileet en attendant pourquoi pas revoir les sketchs anthologiques des Inconnus, parce que qui sait une petite surprise du type revival pourrait débouler sur nos écrans sous peu ! --- # Lukas Dhont : En route pour les Oscars 2023 URL : https://roadtocinema.paris/lukas-dhont-en-route-pour-les-oscars-2023 Auteur : Clémentine Abadie · Catégorie : Nos interviews · Publié le : 2023-02-17 Rencontre avec l’un des plus jeunes réalisateurs des Oscars 2023 Nommé dans la catégorie du meilleur film international pour Close aux Oscars, le réalisateur Lukas Dhont est aujourd’hui à Los Angeles. Peu de temps avant son départ, ses attachés de presse nous ont organisé un chaleureux pot où nous avons pu échanger sur le succès de son nouveau film. À seulement 27 ans, Lukas Dhont remporte la Caméra d’Or au Festival de Cannes pour son premier film Girl. 4 ans après, il revient sur la Croisette avec son second long-métrage Close dans lequel il arpente l’amitié masculine lors de l’adolescence et lui vaut, à ex-æquo avec Des étoiles à midi de Claire Denis, le Grand Prix du Festival de Cannes 2022. ## Rencontre avec Lukas Dhont Généreux, solaire et humble, Lukas Dhont est un réalisateur que l’on aime tant pour ses films que pour ses qualités humaines. Lukas Dhont derrière la caméra pour la réalisation du court-métrage destinée à soirée des Révélations des César 2020, un événement qui célèbre les jeunes talents du cinéma français en partenariat avec CHANEL. En 2019, j’ai eu le bonheur de le rencontrer pour la première fois grâce à l’Académie des César. Lorsque j’y travaillais encore. Deux ans après et quelques confinements, c’est au Festival de Cannes, entre les magnums flamboyants de la Terrasse d’Albane, que nous nous sommes fortuitement retrouvés. Mais comme on dit toujours « jamais deux sans trois », cette fois-ci c’est dans un tout autre contexte que nos chemins se sont croisés à nouveau. Comment te sens-tu en ce moment ? Très bien ! Je suis à Paris pour le Dîner des Nommés organisé par l’Académie des César. Puis, je repars à Londres pour 3 jours dans le but de rencontrer la presse et répondre à quelques Q&A. Ensuite, je m’envole pour Los Angeles. J’y vais grâce à ma nomination aux Oscars. Je reste là-bas jusqu’au 15 mars. > Je suis très reconnaissant de tout ce qui m’arrive. C’est très énergisant ! Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris ta nomination aux Oscars ? Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’étais à New York. Parallèlement, je savais que les garçons, Eden Dambrine & Gustav De Waele – qui jouent les rôles principaux de Close – regardaient la retransmission en direct dans leur salle de classe. Quand l’annonce est tombée ils ont sauté de joie. Je dois avouer que moi aussi ! Je vis cette aventure à travers les yeux de ces jeunes adolescents de 15 ans. C’est si beau. À leur âge, je rêvais déjà d’être réalisateur et de partir aux Oscars. Je crois sincèrement que c’est un véritable cadeau qu’ils soient près de moi. Quand tu deviens « adulte » tu es très vite focalisé sur tes objectifs. Grâce à eux, je ne suis pas dans une quête de résultats. Leur fraîcheur me permet de vivre cet événement comme un parcours incroyable. C’est important pour toi cette reconnaissance de l’industrie du cinéma ? Oui, forcément ! Je n’y suis pas insensible. Je me sens surtout très reconnaissant. Je pense à tous ces artistes dont le travail n’est pas forcément reconnu. Par exemple, ma mère a réalisé durant des années des peintures magnifiques qui n’ont jamais été célébrées. Il existe tant de beauté et d’art dans ce monde qui méritent également cette lumière. C’est pour cela que je me sens très chanceux. La critique t’encense. Tu sembles très proche de ton public. La fois où je t’ai croisé à Cannes tu avais toujours un regard très attentif aux retours des spectateurs. Pourquoi ? > À la fin du mixage, pour moi, Close n’était plus un film mais une collection de détails. Aujourd’hui, je retrouve cette oeuvre à travers les yeux des spectateurs. Cela m’émeut beaucoup. C’est une aventure à dimension humaine. Je pense aussi que rester en contact avec mon public, d’être ici, à Londres ou à Los Angeles, c’est quelque chose d’important. J’aime partir à sa rencontre. > Avec Close, on a voulu parler de quelque chose d’universel comme une sorte de “catharsis collective”. C’est très beau d’échanger avec le public car le film parle du passage de l’enfance à l’adolescence, sur le sentiment de responsabilité mais aussi sur le deuil. Dans ce film, tout le monde peut y trouver son propre point de résonance. La sortie du film est à la fois ancré dans un contexte sociétal et politique dans lequel il existe une véritable révolution féministe mais il est aussi à contre-courant dans certains endroits. Par exemple, l’été dernier la Floride a mit en place la fameuse loi « Don’t say gay » qui bannit de parler d’orientation sexuelle à l’école jusqu’à l’âge de 9 ans. N’est-ce pas dangereux ? C’est certain. Le 7 janvier dernier, un jeune adolescent de 13 ans, Lucas, s’est suicidé à son domicile. Il subissait du harcèlement au collège du fait de son homosexualité. Cette nouvelle me brise le cœur. Malheureusement, Lucas n’est pas un cas isolé. > Bien sûr que quand j’écris des films je pense à la période dans laquelle je vis mais je crois surtout, et avant tout, que j’écris avec ma conscience. Simplement parce que je suis ancré dans cette Terre, ce temps, ce contexte, dans lequel nous vivons tous. En ce moment, je lis des livres sur les années 30. C’est très intéressant. À cette époque, on remarque que la liberté et la sexualité étaient de pairs. Malheureusement après la guerre cela a changé. Puis, cela est revenu avec les années 70. Qu’est-ce que cela montre ? Que les normes fluctuent en permanence et qu’on a raison de se méfier du patriarcat. Comme tu l’évoquais, la politique menée dans certains États des États-Unis est un très bon exemple avec les lois don’t say gay ou encore contre l’avortement.