Le filmmaker Nate nous partage ses conseils dans l’audiovisuel

Le métier de filmmaker couvre tous les métiers dans la production; il est donc indispensable d’avoir des qualités et expériences variés, afin de se faire une place dans ce domaine très concurrencé.

Notre interview avec Nate

Comment as-tu débuté dans l’audiovisuel ?

A la base je viens du dessin; j’ai toujours su dessiner donc je n’ai jamais pris de cours. Du coup, je voulais être dessinateur lorsque j’étais plus petit. Sauf qu’en grandissant on m’a appris que ce métier n’existait pas réellement, il fallait être dessinateur de quelque chose. Ca ne m’a pas plu alors je me suis orienté dans le graphisme.

J’ai donc fais un BAC Pro en production graphique puis j’ai commencé à travailler dans la publicité; mes missions étaient de faire des revues magazines, des logos, etc.

Ensuite je me suis orienté vers quelque chose de plus large comme les courts-métrages, les shooting et identité visuelle mode, les teambuildings, les aftermovies, etc.

Parallèlement, je faisais de la musique. Dans ce domaine, je me suis rendu compte qu’on pouvait tout allier car un artiste a besoin de shooting, d’une identité visuelle, de clips, etc. Tous les corps de métier de l’audiovisuel que j’aime pratiquer !

Quel a été ton déclic ?

Mon déclic a été par rapport à la musique, je me suis rendu compte que je pouvais réaliser ce que je voulais faire. J’ai commencé a dessiner des covers pour des artistes; j’ai appris a créer des identités visuelles axées autour de clips vidéos, etc. C’est grâce à tous ces projets que j’ai su que je voulais vraiment faire ça de ma vie; faire de la DA (direction artistique) à travers la photos et la vidéos.

Est-il nécessaire de faire une école spécialisée dans ce domaine ?

Est-ce qu’il faut vraiment une formation pour arriver à exploiter quelque chose de correct dans ce domaine ? Franchement, je ne le pense pas, même si j’ai fais un petit parcours qui s’y prête. Lors de ma formation en production graphique, j’ai vu les béabas de la photos comme le traitement pour la publicité, la différence entre CMJN et RVB, etc. Ensuite, j’ai fais un Bachelor à l’IESA Multimédia Paris, où j’ai pu toucher à tout comme le codage ou le son. Malgré cela, ce dernier cursus n’a pas approfondis mes connaissances car j’exerçais déjà ces domaines.

Certes, on apprends tous les jours et on grandis à travers ses expériences mais si l’on veut vraiment y arriver, la volonté, c’est vraiment ce qui prime !

Il faut savoir être curieux, se dépasser chaque jour, ne pas se reposer sur ses acquis, se dire qu’on peut faire plus, regarder les nouveaux concepts qui sortent, se demander qu’est-ce qu’on peut apporter de plus, où je me démarque par rapport aux autres, quelle ligne artistique je veux utiliser, pourquoi je le fais, est-ce que je veux défendre quelque chose, faire passer un message, etc.

Peux-tu nous raconter l’expérience professionnelle qui t’as le plus marqué ?

L’expérience qui m’a le plus marqué c’était lors d’un intense tournage de 3 jours en entreprise, pour un événement appelé Fokalanta. Le but était de réunir des entreprises afin qu’ils fassent un teambuilding à la manière du Koh-Lanta. Cette expérience m’a vraiment fait cavaler dans tous les sens, même si j’avais un 2ème cadreur car je devais m’occuper de tout sur cet événement (le montage, la colorimétrie, le son, etc). Grâce à ce projet, je me suis rendu compte que tous les aspects de l’audiovisuel me plaisais. ¨Cela m’a montré que j’aime ce que je fais, et surtout j’aime aller plus loin !

J’aime consolider mes acquis en explorant le sound design, la colorimétrie, le cadrage, gérer la lumière, les techniques de montage et de tournage…

Pourquoi as-tu décidé d’être micro-entrepreneur ?

Etre à mon compte a été une démarche que j’ai fait avant d’être salarié. Au départ, c’était moi qui allait démarcher les clients, puis au fur et à mesure je me suis fait un tout petit carnet de contact qui m’a permis d’avoir des gens qui m’appelle.

Même si je courais beaucoup plus, j’étais beaucoup plus libre dans ce que je faisais; et les projets qu’on me soumettais étaient vraiment intéressants. J’ai eu l’occasion de faire des interviews pour des grosses têtes du rap; je faisais ce que j’aimais quand je voulais. C’est même cette liberté qui m’a le plus attiré.

Par la suite je suis devenu salarié, et j’ai eu la chance d’être tombé dans une boîte qui me laisse un pouvoir de proposition assez important. Malgré parfois les contraintes du client, je peux quand même proposer ma touche personnelle, et donc de faire quelque chose de plus libre. Cette équilibre me permets de me sentir bien dans ce que je fais et de pouvoir donner sans compter.

Quelles sont les stratégies à adopter pour réussir en tant que micro-entrepreneur dans l’audiovisuel ?

Je dirais que c’est vraiment ne pas avoir peur de l’inconnu et être curieux. Il ne faut pas se brider à ne faire qu’un seul type de projet, il faut être varié. Après on peut vouloir se spécialiser; mais si on vous propose un contrat qui se démarque du lot, je pense qu’il ne faut pas hésiter à voir ce que cela peut donner. Cela vous permettra de voir quelles sont les compétences à développer dans ce domaine, c’est une plus sur le CV, vous pourrez augmenter votre les contacts dans votre carnet d’adresse; non seulement en terme de revenus, mais aussi par rapport à l’humain. C’est aussi un accomplissement personnel, se dire :

“J’ai essayé et j’ai réussi ! “

Quelles sont les difficultés que tu rencontres souvent ?

Je travail très souvent seul, et donc pour ma part c’est le fait de tout faire. C’est très intéressant mais on reste humain et donc un moment il y a une limite. Ce n’est pas pour rien que la colorimétrie, le cadrage ou la lumière soient des métiers.

Après quand on aime ce qu’on fait, justement on ne voit pas trop où est cette limite. Cela impact plus l’entourage car la plupart te demandes : “pourquoi tu travailles autant, tu n’as pas le temps pour ci ou cela”. Avec le recul, je me rend compte que c’est potentiellement vrai; c’est pour cette raison qu’il faut ralentir et voir simplement où on veut aller.

Quelles casquettes préfères-tu porter ?

Wouah ! C’est dur, j’adore tout faire ! Je ne pourrais pas choisir car c’est là où je me voyais dans la vie et vu que j’y suis, je ne vois pas pourquoi je m’arrêterais. J’aime voir, explorer et toucher à tout !

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Alors même si je fais pas mal de veille, je suis très nul pour retenir les prénoms. Même je conseille à tout le monde de se faire une liste ! Il faut donc regarder ce qu’il se et s’est fait, regarder pourquoi et comment ça été fait, trouver s’il y a des messages, pourquoi ils les ont mis, etc. C’est le fond des choses dans tous les domaines ! Par exemples pour la colorimétrie, c’est important de savoir pourquoi ils ont utilisé des tons froids et pas chauds alors qu’ils sont dans le désert; pourquoi le cadrage est tout le temps symétrique, etc. Mais si je devais n’en citer qu’une, j’ai une source d’inspiration très proche de moi (d’ailleurs je leurs envoie une grosse force), Explore 3:14 vous connaissez ! Explore3:14 c’est la mif !

Et une source encore plus proche : mon père. Il n’est pas du tout dans l’audiovisuel à proprement parlé; mais à travers ce qu’il m’inculque, ca forge ce que je fais et comment je le fais.

Que recommanderais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer en tant que filmmaker ?

Je lui recommanderais d’avoir de l’ambition pour le résultat qu’il veut apporter. Qu’est ce qui fait que le résultat est satisfaisant pour toi ?Comment tu vas arriver à ce résultat ? Qu’est-ce qui fait qu’on voit que c’est toi, c’est ta patte, ton univers ? Comment tu t’es trouvé pour le retranscrire en vidéo ou photo ?

Le fait de rester soi-même et vrai peut amener à te définir et peut-être te permettre d’arriver un moment où tu n’as même plus besoin de signer tes projets car on sait que c’est toi. Comme Virgil Abloh avec le logo Off-White ou les tableaux de Picasso.

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